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05.05.2008
LES SERVICES DE SUPPORT ET AUTRES FONCTIONS
LES SERVICES DE SUPPORT ET AUTRES FONCTIONS
![]() | Les services de support les plus importants présents dans l’oçak des janissaires étaient les cebecis ou " armuriers " et les saka ou " distributeurs d’eau ", ces derniers accompagnant les soldats au cœur de la bataille et s’occupant des blessés. Les cebecis fabriquaient, réparaient et distribuaient les armes et ils formaient aussi une unité totalement opérationnelle. En 1574, ils étaient une petite élite de 625 hommes qualifiés rattachés à l’artillerie mais plus tard leurs nombres augmentèrent significativement, à tel point que les grandes garnisons comptaient des cebecis. Le personnel de support non-combattant comptait dans l’oçak 100 yazici ou " scribes ", menés par le yeiçeri kâtibi ou " secrétaire des janissaires " ainsi que l’oda yazici en apparence isolée ou " es scribes des dortoirs " qui, sous l’autorité du bas yazici (" chef des clercs "), s’occupaient de la paperasserie d’une orta. |
| Ensuite il y avait le kârhane, qui correspondait à l’origine à 34 petites compagnies d’artisans habiles placées sous les ordres d’un usta ou " maître ". Le kârhane partait en campagne et jouissait de quelques-unes des prérogatives de l’oçak des janissaires. Cette profession civile ou ces guildes commerçantes augmentèrent rapidement et devinrent connues comme l’ordu esnaf ou ses artisans d’armée. En réalité, une armée ottomane engagée dans une campagne majeure était suivie par des tondeurs pour la laine, des artisans pour fabriquer les épées, confectionner les arcs, des selliers, des marchands de lin, des cordonniers, des barbiers, des maréchaux-ferrants, des fabricants de bougies, des marchands qui vendaient des têtes de mouton cuisinées, des fabricants de talons de chaussures en métal, des pharmaciens, des fabricants de bonnets en peau de chèvre, des fabricants de chaussons, des fabricants de caftans, des marchants de soie, des couturiers pour les pantalons, des bronzeurs, des étameurs et des boulangers, parmi tant d’autres. A la fin du XVIIIè siècle, ils occupaient une place permanente et la plupart se revendiquait janissaires, réclamant une solde complète. |
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| 1- Porteur d'eau de l'orta Sakasi. 2- Cuisinier de l'armée avec la marmite, symbole des "orta" janissaires. 3- Jeune officier d'une orta du corps des Bostanci. |
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| Une autre caractéristique particulière de l’armée ottomane était sa mehterhane ou sa fanfare militaire ; l’Empire ottoman fut le premier en Europe à se doter d’une organisation musicale militaire en permanence. Une mehterhane était constituée d’ensembles, chacun normalement doté d’un tambour, de timbales, d’une clarinette, d’une trompette et de cymbales. La fanfare personnelle du Sultan avait neuf de ses ensembles, celle du yeniçeri agasi sept, et chaque régiment ou garnison en avait une plus petite. Une mehterhane se tenait debout suivant une forme de croissant ; seule celui qui s’occupaient des timbales était assis. On jouait des grands kös ou tambours de guerre sur le dos des chameaux, et une mehterhane pouvait être entièrement montée. Les instruments étaient fabriqués et entretenus par 150à 200 spécialistes, la plupart, des grecs et des arméniens, habitaient près du palais de Topkapi. (Les chanteurs çevgani qui sont toujours une attraction touristique à Istanbul ne furent adjoints à la mehterhane qu’à la fin du XVIIIè siècle.) La mehterhane jouait des " airs d’Afrasiyab ", en d’autres termes de la music militaire perse et d’après le voyageur turc pittoresque Evliya Celebi en 1638 : " …cinq cent trompettistes produisirent un son tel que la planète Venus commença à danser et les cieux réverbéraient… Tous ces joueurs de tambour, de timbales et de cymbales défilaient tous ensemble en tapant sur leurs différentes sortes d’instruments dans une rythmique à l’unisson comme l’armée de Chama-Pur (l’adversaire bien connu d’Alexandre le Grand) le faisait. " |
| 1- Joueur de clarinette, caractéristique d'une méhtèri ottomane. 2- Chef d'une section de tambour montés sur dromadaires. 3- Mehterbashi Aga, chef d'une méhtèri. |
Les forces d’infanterie ottomanes remplissaient d’autres fonctions que le combat. En hiver les janissaires travaillaient sur les chantiers de construction, le rang moyen des amelimanda avait la responsabilité de l’entretien du système vital des aqueducs d’Istanbul. Avec de telles activités les janissaires étaient, et ce n’est pas surprenant, des soldats du génie efficaces en campagne. Dès le début, l’infanterie plaçait des garnisons dans les villes nouvellement conquises ; les Janissaires prenaient habituellement le pouvoir dans les citadelles pendant que les azap occupaient les bas quartiers de la ville ; Les citadelles et les forteresses devaient par la suite être approvisionnées en nourriture et en munitions, et les janissaires occupants ne devaient pas être soumis par la faim. Néanmoins, les Ottomans faisaient peu de cas des fortifications jusqu’à la seconde partie du XVIè siècle, lorsque les frontières commençaient à être stables.
A partir de là, l’oçak des janissaires fut disséminé à travers l’Empire dans les korocu (garnison) ortas qui, normalement faisaient des tournées d’intendance pendant neuf mois avant de rentrer sur la capitale. Mais, alors que le corps des janissaires augmentait en nombre, la majorité de ses ortas s’installèrent dans les provinces de manière définitive, sous le commandement des gouverneurs locaux. Ils développèrent des intérêts et des fidélités sur un plan local, qui géraient même l’administration locale et, à la longue, ils devenaient même une source d’agitation eux-mêmes. Pendant ce temps on laissait aux auxiliaires volontaires yamak d’une valeur militaire douteuse la responsabilité des garnisons vitales du Bosphore au XVIIIè siècle.
| Différentes formes de garnisons provinciales se développèrent au sein de l’Empire. Par exemple les hükûmet sancak ou " provinces héréditaires autonomes " de l’Anatolie orientale étaient gouvernées par des princes de tribu, appuyés par les ortas de janissaires. En Irak et en Syrie les Janissaires devinrent l’élite locale. Les descendants des premières garnisons furent assimilés à la population qui parlait arabe et devinrent les rivaux acharnés des ortas envoyées plus tard pour renforcer le contrôle du gouvernement central. La grande armée ottomane stationnée en Egypte développa de la même manière une forme de patriotisme local mais les ortas égyptiennes restèrent loyales envers l’Empire et menaient des campagnes loin de chez eux, combattant en Italie (1619-1620), au Yémen (1631-1632) et en Arménie (hiver 1616). Même les petits territoires contrôlés par les Ottomans de l’Erythrée, du Yémen et de la côte du golfe persique avaient des petites garnisons, alors que les provinces ottomanes virtuellement indépendantes de l’Afrique du Nord levaient leurs propres oçaks de janissaires. |
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Les fonctions d’ordre public remplies par les Janissaires devinrent en définitive plus importantes que leur rôle militaire. Le yeniçeri agasi était aussi le chef de la police de la capitale ; ses propres janissaires et ceux du cebecibasi et du topçubasi patrouillaient dans Istanbul et Galata, et les bostancis faisaient la police dans les banlieues. Si ces unités partaient en campagne, l’acemi oglan orta ou " bataillons d’entraînement " prenaient la relève du maintien de l’ordre.
Une unité de 300 hommes était employée pour protéger une flotte de 80 à 100 bateaux de transport sur les rivières de Morava et de Nisava, basée à Nis. Des janissaires avaient toujours servi sur les bateaux de guerre ottomans, et au début du XVIIè siècle la plupart des galères ottomanes semblaient transporter huit janissaires et six autres soldats, recrutés majoritairement dans les îles égéennes et armés de fusils à mèches, d’arcs et d’un canon léger. Les janissaires qui s’occupaient de la marine étaient triés parmi le rang des " pensionnés " ou otturak plus âgés, plus expérimentés mais moins alertes, tandis que les autres soldats de la marine comportaient des sipahis (prétendument de la " cavalerie féodale "), des kur’aci ou " conscrits " et des ulûfeci ou soldats " salariés ". Loin à l’Ouest, à Alger, l’oçak janissaire virtuellement indépendant fournissait la base politique de corsaires célèbres comme Hayruddin Barbarossa. Ils étaient initialement levés pour participer aux affaires lucratives de la guerre marine ou à la piraterie, comme l’appelaient leurs adversaires européens.
http://theilsb.club.fr/VAEVICTIS/HISTOIRE/OTTOMANS/HISTOIRE-OTTOMANS-services.htm
01:04 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : janissaire, ottomans, devchirme, islam, chrétiens, balkans, albanais








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