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05.05.2008

UNIFORMES ET ARMEMENT

UNIFORMES ET ARMEMENT

 

Janissaires

Le costume ottoman s’appuyait plus sur la tradition perse qu’arabe et resta remarquablement immuable du XVè siècle jusqu’au début du XIXè siècle. Caque classe sociale et chaque groupe ethnique, religieux, civil ou militaire avait une manière de s’habiller distinctive. Le couvre-chef était particulièrement important pour indiquer le rang. Un voyageur occidental du début du XVè siècle particulièrement attentif, l’écuyer bourguignon Bertrandon de la Broquière, décrivait les premiers costumes ottomans de cette manière : " … deux ou trois robes fines de coton descendant jusqu’à la cheville l’une sur l’autre. Pour manteau, ils portaient une robe de feutre appelée capinat (kapaniçe en turc). Elle était légère et très imperméable…Ils portaient des bottes qui montaient jusqu’aux genoux et des guêtres amples… dans lesquelles ils fourraient toutes leurs robes de telle manière qu’elles ne les gênent pas quand ils combattaient, voyageaient ou étaient à leurs occupations ".

Les uniformes des soldats janissaires étaient, pour une grande part, en laine, l’habit étant fourni par les tisserands juifs de Salonique. Les chapeaux börk et üsküf, étaient les marques les plus distinctives et ceci malgré l’influence derviche sur les origines du corps. Une simple cuillère de bois était attachée sur la devant de cette toque comme un badge, voilà qui illustre par un autre exemple le symbolisme culinaire employé par l’oçak des Janissaires. Les vestes des officiers vétérans étaient bordées de fourrure ; le renard, l’écureuil, l’hermine, la zibeline, le lynx et la martre étaient favorisées. Les bottes des janissaires étaient en cuir rouge, sauf celles des officiers vétérans ou des unités privilégiées qui étaient jaunes. Les ceinturons et les écharpes indiquaient aussi le statut : ceux des rangs des neufs bostanci étaient en drap grossier pour les moins gradés (le 1er était bleu, le 2ème blanc, le 3ème jaune, le 4ème bleu et blanc à la fois), en drap fin blanc pour le 5ème, en soie blanche pour le 6ème, en drap fin noir pour le 7ème et en noir pour les 8ème et 9ème.

1- Officier de la garde du sultan en habit de parade; deuxième moitié du XVI ème siècle.
2- Oglan Acemi, fin XVI ème siècle. Janissaire stagiaire avec son couvre chef caractéristique.
3- Janissaire de la marine en habit de parade; fin XVI ème siècle. Lors des parades, les janissaires portaient leur symboles sur leur couvre chef.

Nous ne disposons pas d'informations certaines sur la couleur des caftans des janissaires, il est fortement probable que ce caftan fut bleu, mais de nombreuses miniatures montrent des caftans rouges pour les janissaires. Il est également difficile de savoir si une seule couleur s'appliquée pour une même unité. Vraisemblablement, plusieurs couleurs pouvaient cohabiter dans une même unité de janissaires, sauf en se qui concerne les gardes janissaires du sultan qui portaient tous un habit jaune comme leurs chaussures. Quoi qu'il en soit la couleur des cafetans ne semblait pas être aussi caractéristique que celle des chaussures ou des ceintures. En revanche, ces hypothèses  s'appliquent aux couleurs des pantalons des janissaires.

Les troupes ottomanes réutilisaient les armes prises à l’ennemi et l’Empire importait aussi de grandes quantités d’équipements de l’Europe. Les efforts du Saint Père pour faire cesser ce commerce échouèrent, même lorsque l’Italie catholique était concernée, bien que les principaux fournisseurs en équipements militaires de l’Empire Ottoman du XVIè et XVIIè siècles étaient les protestants Anglais et les Hollandais. (Un navire anglais saisi par les Vénitiens en 1605 ne contenait pas moins de 700 barils de poudre à canon, 1000 canons d’arquebuses, 500 arquebuses complètes et 2000 lames d’épées et d’autres matériels de guerre pour l’armée ottomane.)

Les ventes en sens inverse se faisaient dans une moindre mesure mais il y avait en Europe une demande pour les tubes de canon turcs qui étaient de haute qualité. La fabrication d’armes était exécutée par des guildes différentes qui fabriquaient des épées, des lances, des poignards, des mousquets, des pistolets et des boucliers tandis que les armes plus lourdes étaient confectionnées dans les arsenaux d’état. La forte influence européenne était, en effet, criante à la fois dans le nom et la forme des armes à feu ottomanes du XVIIIè siècle ; par exemple le müskat tüfenkleri ou mousquet à silex, la karabina ou " carabine ", le tabanca ou " pistolet ", et le çift tabancali tüfenk ou " pistolet à double canon ".

Casques ottomans

1- Casque turc d'Anatolie, début XIV ème siècle.
2- Casque de cavalier ottoman début  XVI ème siècle.
3 - XV et XVI ème siècle.
4- CAsque de parade des peyk de la garde.
5- Casque d'officier milieu XVI ème siècle.
6- Casque "turban" XV ème siècle.

Bouclier rondache (osier brodé), fin du XVI ème siècle

Des janissaires portaient une armure complète dans les premiers jours et les pelotons utilisés pour l’assaut des sièges continuaient de faire de même pendant des siècles. Mais au XVè siècle, les protections de la cavalerie ottomane étaient quelque peu différentes de celles de l’infanterie ; la plupart des armures désignées populairement " janissaires " étaient en réalité des armures de cavalerie ou de sipahi. On ne fournissait pas d’armes lourdes aux Janissaires en temps de paix. Au lieu de ça, les armes étaient stockées dans les cebehane ou arsenaux ; les hommes choisissaient leurs armes favorites au début d’une campagne.

Au début, seule une minorité de l’infanterie ottomane disposait d’épées, la plupart avait des arcs et des lances courtes. La plupart des épées et des dagues faisaient partie des traditions islamiques ancrées depuis bien longtemps, bien que les sources picturales et les armes qui ont survécu suggèrent une influence des Balkans sur celles-ci. Par exemple, la forme rare d’une épée large et non taillée en pointe avec des petites plumes et un pommeau en forme de champignon a été identifié comme étant byzantine.

Armures ottomanes

A & B- Devant et arrière d'une armure de cavalier ottoman du XVI ème siècle.
C- Armure de fantassin ottoman,  XV ème siècle.
D- Brassière, XVII et XVIII ème siècle.
E- Protection pour les épaules, XVI et XVII ème siècle.

Armes blanches ottomanes

Le sabre ottoman le plus commun était le kiliç - large, non effilé et moins incurvé que l’acemi kiliç ou sabre perse plus mince. Le gaddara était un " couteau bowie "large, droit ou légèrement incurvé, et d’origine perse alors que les origines du fameux yatagan turc incurvé dans deux sens contraires et de son associé la pala droite avec un seul tranchant font toujours l’objet d’un débat. Le meç était une fine épée dynamique ou rapière d’inspiration occidentale, utilisée seulement par des troupes navales et celles stationnées en Hongrie. Des masses variées comme le gürz, le sesper et la koçbasi ou " tête de bélier "tout comme l’axe teber étaient aussi populaires. De plus, l’infanterie ottomane utilisait des armes d’hast variées (un fait rarement noté par les historiens). Elles incluaient la harba ou guisarme, le tirpan ou glaive avec une longue lame courbe, le zipkin apparemment crochu, et le balta ou hallebarde. Quelques-unes d’entre elles trahissent l’influence italienne, vraisemblablement des colonies vénitienne et génoise envahies par les Ottomans, mais les armes d’hast ottomanes qui subsistent ont une forte similitude avec les armes russes, et le bardiche, avec sa grande lame fixée au manche en deux points et la pointe sur l’arrière, est semblable aux armes chinoises et d’Asie centrale et ceci de façon remarquable.

Les premières ortas janissaires étaient constituées d’archers et bien que la plupart des janissaires étaient armés bientôt d’armes à feu, l’arc restait une arme de cérémonie prestigieuse dans toute l’histoire de l’oçak. (L’emploi d’arbalètes par les Ottomans était moins connu, même si les forces byzantines en faisaient un usage considérable. En fait, le mot turc en médiéval tardif pour désigner l’arbalète, çanra venait vraisemblablement des tzaggra byzantines - à moins que les deux ne dérivent du mot " perso-arabe " jarkh de l’arbalète. Malgré tout, c’est l’utilisation d’armes à feu par les Janissaires qui captait l’attention de leurs ennemis. Premièrement les soldats, fiers de leur apparence soignée, détestaient les armes sales mais, après avoir vu leur puissance en Hongrie, les Janissaires adoptèrent progressivement les arquebuses à mèches.

Pendant les premières années, les armes à feu étaient des tüfenk, tüfek ou zabtanah, chacune d’elles venait de mots perses médiévaux désignant la sarbacane. Les armes à mèches caractéristiques ottomanes étaient plus longues et avaient un calibre plus gros que celui des armes employées en Occident. Les plus grandes, d’Alger, pouvaient tirer une balle pleine de 80 g et les plus légères, de Grèce, une balle de 22 g. Le système de mise à feu à l’aide d’un silex fut probablement inventé en Allemagne au début du XVIè siècle, mais il n’était pas fiable dans les conditions poussiéreuses propres aux Proche et Moyen-Orient. En conséquence, l’infanterie ottomane s’accrochait à leurs armes à mèches robustes et plus longues que celles utilisées dans le reste de l’Europe. Puis, au cours du XVIIè siècle, un système de mise à feu par silex simple et facile à nettoyer comme le miquelet en provenance d’Italie et d’Espagne fut introduit par l’Afrique du Nord.

Armes à feu ottomanes

Ce ne fut qu’après la conquête difficile de la Crète vénitienne de 1645 à 1669, que les Janissaires firent définitivement un grand usage des pistolets. En 1770, on pria le Baron de Tott, un français d’origine hongroise, de moderniser l’armée ottomane, et il tenta de convaincre les Turcs d’employer des baïonnettes. Mais, tout comme les piques auparavant, cette arme était un anathème pour les yoldas individualistes, qui réalisèrent qu’elle ne serait efficace que maniée par des hommes agissant à l’unisson - ou, comme les Janissaires le voyaient, " en combattant comme des robots plutôt que comme des guerriers ".

 

 

http://theilsb.club.fr/VAEVICTIS/HISTOIRE/OTTOMANS/HISTOIRE-OTTOMANS-janissaires-uniforme.htm

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