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20/08/2010

Balkans, les raisons d’une balkanisation

 

Le cas des Balkans

 

Thierry Mudry

 

Mercredi 7 mars 2002

 

Religions concernées : catholicisme romain, orthodoxie et islam sunnite

Balkans, les raisons d’une balkanisation

Reliefs

Balkan est un mot d’origine turque désignant la montagne. En ce qui nous concerne, il s’agit de la chaîne montagneuse de la Bulgarie septentrionale, bordée par le Danube au sud. La péninsule Balkanique se situe entre la mer Adriatique, Adriatique, Egée, Danube et Save au nord. Les pays concernés sont la Grèce, la Croatie ( ?), la Bulgarie, l’Albanie, la Bosnie, La Dalmatie…

 

La Grèce est héritière de la Grèce byzantine, et géopolitique ment, elle est beaucoup plus balkanique que méditerranéenne. Par exemple, la législation pénale grecque affirme un caractère de religion d’état (orthodoxe), les autres étant étrangers, même s’ils sont tolérés. Il existe même un délit de prosélitisme : en 1990, de nombreux témoins de Yéovah ont été poursuivis, emprisonnés et condamnés à des amendes lourdes. L’appartenance ecclésiale et le nationalisme se confondent dans un confessionnalisme.

 

Le relief accidenté que présente la région, avec le double arc de cercle des Carpates bordé au sud par les mers. Coté géologique, le géographe serbe Cvijic,montre que les sols sont pauvres. De tous temps, depuis la dominance seigneuriale à l’ère médiévale et l’occupation ottomane, les populations, plutôt catholiques romaines se sont expatriées vers les pays proches comme l’Italie.

 

1. : Mouvements métastasiques :

La domination seigneuriale des 12 au 14ème siècle sont différents de ce que nous connaissons en France, en Angleterre, Allemagne, car les paysans sont dominés sans respect de la propriété, des droits et ont beaucoup plus de devoirs. D’où émergence de mouvements métanastasiques de populations catholiques serbo-crates et almanophones.

 

A partir du 14ème siècle jusqu’au 16ème siècle, au temps des ottomans, les catholiques fuient encore vers l’Italie et les orthodoxes vers la Grèce. Les ottomans ont considéré que les orthodoxes sont des alliés politiques. Ils sont donc moins victimes des razzias que les catholiques, car le pape est l’ennemi du Sultan ottoman. La Grèce est moins seigneuriale que le reste de la péninsule. Fuite des bosniaques catholiques vers le cœur de craotie, puis la fuite de croates vers la Slovénie et la Hongrie. Il ne faut pas oublier que les ottomans, qui viennent de l’est, feront des razzias jusque en Autriche !

 

Mouvements orthodoxes, soit de leur plein gré, soit par obligations des ottomans, sont déplacés du centre des Balkans vers les régions fuies par les catholiques. Ce sont des populations valaques, qui sont orthodoxes de langue romane, bergers, pour combler les vides laissés en Bosnie par les catholiques. Ils avaient des privilèges fiscaux, chose très importante, car ils faisaient office d’auxiliaires militaires à la solde des ottomans. Lorsque les ottomans ont estimé leurs frontières nord occidentales pacifiées, ils ont supprimé ces privilèges. Cela provoque une nouvelle fuite hors des frontières ottomanes, dans le camps les Habsbourg en Autriche. Il y a donc des orthodoxes non loin de Zagreb, jusqu’à la guerre de 1995, dans la Vojna Krajna. Mais tous ne sont pas partis, et toujours rémunérés, se convertissent à l’Islam, et se livrent à des combats entre les deux cotés de frontière, ce qui la tient en alerte pour rien.

 

2. : répartition des confessions et leur importance relative dans les Balkans

 

La complexité confessionnelle : catholicisme romain, orthodoxie, islam

 

Passages du catholicisme, mal considéré par les autorités ottomanes, à l’orthodoxie. Puis passages, moins nombreux de l’orthodoxie à l’Islam. Les population chrétiennes peuvent se convertir à l’Islam pour échapper aux fortes contraintes fiscales, impôt fonciers et taxes de capitation qui leur sont réservées. Les passages du catholicisme à l’orthodoxie s’expliquent par l’intrication administrative et religieuse, car les métropolites géraient également la cité.

 

Le sentiment de complexité de ces territoires s’explique simultanément par la parcellisation géopolitique, physique, géologique.

 

Les Balkans sont aussi une réalité civilisationnelle : ensemble byzantin et ottoman.

 

Existe t-il un pan-orthodoxisme ? Non, ca depuis le 15ème siècle, il y a une hostilité entre Constantinople et Moscou, les deux centre mondiaux de l’orthodoxie ; les russes ont été convertis à l’orthodoxie à la fin du 10ème siècle, par les missionnaires byzantins, dans la mouvance Constantinople. Avec la rupture du 15ème, la rupture entre Moscou et Constantinople empêche le pan-orthodoxisme. Toute les églises balkaniques sont indépendants.

 

L’église autocéphale de Bulgarie s’est séparée de Constantinople avec l’aide de Moscou. L’église grecque s’est séparée de Constantinople, par la force, en 1821 au moment de l’indépendance grecque. L’église Serbe s’est séparée en douceur.

 

L’acceptation de la primauté du Pape par Constantinople – vers 1451, pour des raison politiques, devant le danger ottoman, fait que Moscou pense que Constantinople est filo-romaine. La Russie va mener une dizaine de guerres contre l’empire ottoman pour reprendre Constantinople. Pierre le Grand était trop loin pour y parvenir, il reprend néanmoins la Crimée et asservir les tatares. C’était néanmoins un premier pas pour que les successeurs poussent leur effort vers Constantinople. Une reine avait imaginée un archiduc Russe au pouvoir à Constantinople, capitale locale, qui les travaillera jusqu’à la disparition de l’empire.

 

Les Balkans, c’est l’Europe byzantine en même temps que l’europe ottomane.

 

Les populations balkaniques, qui apparaissent pour l’essentiel étrangère à l’univers du christianisme occidental et à la sécularisation, tributaire de l’orthodoxie, de l’islam et d’un régime qui ne connaît pas de séparation entre régime temporel et ne parvient pas à se séparer des tendances césaro-papistes (l’empereur convoquait les concile et ratifiait les décision des conciles) et ne pourraient donc pas faire l’apprentissage de la démocratie et de l’état de droit.

 

Césaro-papisme ; le pouvoir politique contrôle l’église

Papo-césarisme : tendance de tout chez religieux à vouloir s’emparer du pouvoir politique.

 

L’otomanisation les aurait donc séparé de l’Europe.

 

Constantin Léontiev, au 19ème siècle, formule le souhait que les Balkans soient soumis aux ottomans afin de les protéger. C’est l’apologie des tartars (musulmans mongols qui ont envahis la Sibérie au 13ème siècle. Un peu plus tard, les ottomans qui ne sont pas mongols mais turcs ont envahi tout l’empire arabe, et les Balkans e 1453. les russes ont dit que cette domination musulmane les a protégé des catholiques, occidentaux qui commençaient à s’étendre partout. Au Moyen-Age, l’empire d’occident tendait déjà à s’étendre, plus Napoléon fera de même.

 

Les affinités culturelles entre slaves du sud (partie de la population balkanique) et russes révélée par le pan slavisme, ne suffisent pas à faire que l’empire des tsars soit un modèle politique. En quête de modèle, les populations balkaniques se tournent plutôt vers l’Europe centrale ou occidentale.

 

Les Balkans comme réalité géopolitique

Nous avons évoqué des cloisonnement. Le terme balkanisation forgé au siècle dernier parle de la fragmentation des empires multinationaux sous la poussée des aspirations à l’indépendance. La substitution de petites entités à de grands ensembles politiques apparaît comme une régression, et porteuse de revendication susceptibles de mettre en germe des conflits à venir en raison des revendications nationales, des droits des minorités, des revendications frontalières.

3. : conceptions de l’universalité par les courants religieux

 

Trois grands courants religieux : catholicisme romain, essentiellement représenté dans le nord ouest de la péninsule, orthodoxie et l’islam, pas seulement sunnite.

 

Catholicisme majoritaire en Croatie

1981 : recensement yougoslave : par nationalités, donc, malgré le confessionalisme, ce sont des chiffres qu’il faut prendre comme indicatifs…

République de Croatie : 75 % de Croates, 11,5 % de Serbes et 8, 2 % de Yougoslaves (qui ne se reconnaissent pas d’une nationalité spécifique).

 

Les historiens considèrent que ceux qui se considèrent comme orthodoxes serbes sont descendants des valaques orthodoxes, et sont identifiés à la nationalité serbe au 19ème siècle lorsque la serbité est passé de la dimension ecclésiale à la dimension nationale. Le phénomène s’est poursuivi au cours du 20ème siècle. Beaucoup d’orthodoxes étaient dans le parti nationaliste serbe du 19ème siècle ? confession serbe orthodoxe, donc, mais nationalité Croate. Les croates sont en majorité catholiques.

 

Une grande partie des serbes ont pris le parti de se soulever contre Zagreb et sqarra yevo ; En 1995, l’armée croate fait une offensive pour reprendre le contrôle de la Kraïna, non loin de Zagreb, les populations locales ont fui. Aujourd’hui, il y a beaucoup moins de serbes (orthodoxes) dans la république de Croatie, ils doivent être de l’ordre de 4 à 5 %.

 

A Zagreb, il y aune grande mosquée, alors que les musulmans étaient peu nombreux ; détruite par les titistes, mais reconstruite en 1970, il y a aujourd’hui 5 % de musulmans, venus de Bosnie. L’engouement pour la question bosniaque ne s’est pas traduite en France par un accueil massif des réfugiés ni par des chercheurs…

 

Catholicisme minoritaire significative en Bosnie et Albanie (10 % en 1981-90). Les catholiques se disent Croates, même s’ils viennent dans d’autres pays. Le catholicisme romain est très peu représenté en Grèce, Macédoine et Bulgarie.

 

En Bosnie (1981) : maillage des nationalités :

En 1981 : 30,5 % de Musulmans, 43, 7 % en 1991

En 1981 : 32 % de Serbes, 31,4 % en 1991

En 1981 : 18,3 % de Croates et 17, 3 %

En 1981 : 7,9 % de Yougoslaves et moins nombreux en 1991

 

En 1967, le gouvernement Tististe reconnaît les musulmans comme uns nationalité en Bosnie et en 1968 dans la république fédérative Yougoslave. Car les musulmans se reconnaissent comme des sujets du sultan. Ils ne se reconnaissent ni comme Croates, ni comme Serbes : ce sont des sujets de la sublime porte. Il y a donc un problème d’appartenance nationale. Certains se considèrent même comme des Croates d’appartenance musulmane. Mais ce sont là des universitaires…

 

On propose à certains de se définir comme yougoslaves mais de nationalité indéterminée. Les bosniaques musulmans se déclarent ainsi. En 1961, ils peuvent se déclarer « d’ethnie musulmane ». La pensée stalinienne, en matière de nationalité, dont Tito a été l’un des fervents partisans, théorise la question. en 1913, Staline, dans marxisme et questions nationales, Staline donne une définition objective de la nation, avec un cumul de critères : langue, caractères ethniques, psychologiques. Une nation était un groupe humain qui réunissait un certain nombre de conditions objectives et cumulées. Les groupes humains qui ne réunissaient pas l’ensemble des conditions étaient non pas des nationalités mais des ethnies. En Union soviétique, les républiques fédérées d’union sociétique étaient des territoires attribuées à des nations. En dessous, les républiques autonomes étaient attribuées à des nationalités. Les régions autonomes et les districts étaient attribués aux ethnies.

 

Tito reprend cette distinction entre nation, nationalité et ethnie. Cela se manifeste dans l’édifice fédéral yougoslave. 6 républiques, 2 provinces autonomes (Kosovo (nationalité albanaise) et Voïvodine (nationalité hongroise). La volonté de hiérarchiser les groupes humains est repris par les autorités yougoslaves. En 1961, les musulmans peuvent alors se définir comme une ethnie. En 1967-68, cette ethnie acquiert le statut de nation. Tout serbo-croatophone, habitant la Yougoslavie, pouvait alors le déclarer. On n’a pas voulu créer un nationalité Bosniaque car les serbes et Croates de Bosnie se seraient sentis exclus.

 

Depuis 1994, les musulmans de Bosnie, à Sarayevo, ont modifié leur appellation nationale : ils sont désormais les bosniaques. Ils nomment leur compatriotes de nationalité serbes ou croates les « bosniens ». L’appareil politique de Sarayevo, pense donc que les seuls héritiers de la tradition ottomane sont les bosniaques. Depuis le début du 20ème siècle, ces musulmans là utilisent indiferrenment les écritures latines (catholiques et musulman) et cyrilliques. Serbes Croates sont exclus de l’appellation Bosniaque. Ils l’ont fait pour éviter le dépeçage de la Bosnie, car un courant politique proposait une partage, influencé par les puissances occidentales, et les voisins.

 

Orthodoxie :

Majoritaire dans les Balkans : en Grèce, en bugarie, en serbie, a Monténégro, en macédoine. Elle représentatit près du tiers de population bosniaque, 20 % de la populationd e l’albanie, et prèsd e 12 % de la population Croate avant la conclusion du conflit croate-serbe de 1995.

 

L’islam :

Majoritaire en Albanie et en Bosnie. Pour l’Albanie, 70 % de Musulmans, 20 % d’orthodoxes et 10 % de catholiques. Parmi les 70 %, un quart sont des pektachis, c’est à dire 15 % de la population albanaise ?. Proches du chiisme, vaguement soufis. Dans l’empire ottoman, en dépit de son éthérodoxie, la confrérie, Pektachi a joué un grand rôle dans la mesure où les janissaires (des soldats) étaient islamisés. Ce corps était basé sur la collecte d’adolescents principalement chrétiens. Des recruteurs écumaient les Balkans et choisissaient, en vertu de qualités physiques particulières, pour former les troupes d’élite de l’empire ottoman, on y choisissait aussi les hauts fonctionnaires. L’islamisation était obligatoire et les janissaires étaient rattachés à l’ordre Pektachi.

 

Les conversions à l’Islam furent en général volontaires, sauf chez les albanais au 17ème siècle. Une partie a d’ailleurs été déportée au Kosovo, ce qui a donné naissance à des communautés crypto chrétiennes. Pendant longtemps, ces communautés, officiellement musulmanes, étaient en fait chrétiennes, principalement catholiques, et quelque peu orthodoxes : ils vont à l’église et la mosquée et son convaincus des deux : ramadan, vendredi, carème… maintenant, ces populations professent les deux religions. Cela dit, des traditions locale existe un peu partout dans les Balkans avec de multiples vierges pèlerines qui attirent musulmans te catholiques.

 

Serbie (Kossovo compris) : 66,3 % de serbe, 13,99 % d’albanais (musulmans sunnites), 4,1 % de hongrois

 

Monténégro : 68 % de monténégrins (orthodoxes), 13,3 % de musulmans (bosniaques), 6,3 % d’albanais (musulmans avec beaucoup de catholiques)

 

Macédoine : 67,3 % de macédoniens (orthodoxes), 19,8 % d’albanais (musulmans), 4,5 % de Turcs (musulmans)

 

Les orthodoxes de macédoine et de Monténégro étaient considérés comme des serbes orthodoxes. Ils ont arraché leur indépendence ecclésiale en 1967. Kossovo et Monténégro devraient accéder l’indépendance ensemble.

 

La Craotie fut indépendante au 9ème siècle. Une dynastie nationale, qui disparaît, au 11ème siècle. La noblesse croate a adopté comme nouveau roi le roi de Hongrie du 11ème jusqu’en 1526. Les ottomans écrasent le dernier roi de Hongrie, croates et Hongrois se trouvent sans souverain et proposent aux Absbourg, l’Autriche, de devenir leur roi, tout en restant des entités indépendantes.

 

Au cours de l’histoire, les ottomans, plutôt un peuple terrestre, on tenté une fois, sous Mémet 2, qui prit Constantinople en1453, d’envahir l’Italie.

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