16.05.2008
Genéral Abdallah Menou
L'expédition d'Egypte (1798-1801) fut décidée par le Directoire pour gêner l'Angleterre en Méditerranée et pour éloigner Bonaparte de France.
Malgré quelques belles victoires, la Campagne s'enlisa, d'autant que cette armée d'Orient était coupée de la métropole après la destruction de la flotte française à Aboukir (1er août 1798).
Bonaparte devait regagner la France en août 1799.
![]() Après son départ, deux tendances s'affrontèrent : les partisans, avec le général Kléber, du retour de l'armée en France ; et les partisans, avec le général de Menou, d'une colonisation durable du pays. Le général de Menou qui s'était converti à l'Islam (sous le nom d'Abdallah) et avait épousé une égyptienne, devint général en chef après l'assassinat de Kléber (14 juin 1800). En un an, il remit à flot les finances, réforma la justice et sut prendre les mesures nécessaires pour développer l'agriculture, l'industrie et le commerce. |
Militaire inexpérimenté, isolé et presque oublié par la France en Egypte, il fut amené à évacuer le pays, mais avec les honneurs de la guerre.De tous les officiers généraux de son époque, il fut le seul, avec Bonaparte, à comprendre l'importance géopolitique de l'Egypte et il fut le seul aussi à comprendre qu'une colonisation durable ne peut réussir qu'en associant les indigènes au gouvernement du pays. Cet homme, injustement critiqué et dont l'oeuvre administrative est méconnue, était né au château de Boussay, près de Preuilly-sur-Claise en 1750. Il devait mourir en Italie en 1810. |
| Conférence mensuelle de l'Académie du Centre, texte et conférence proposée par : René DESMAISON Médecin à la retraite http://www.cyberindre.org/jahia/Jahia/portail/archives/cache/bypass/pid/5525;jsessionid=27B53CD26678940B1EB03EDBE0C97873?print=1 |
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Isabelle Eberhardt
Isabelle Eberhardt, sa voie et sa foi en l'Islam
Certains des ses biographes l'ont comparée à Arthur Rimbaud. D'autres leur ont tissé des affiliations sans preuves. Il demeure que le destin d'Isabelle Eberhardt est profondément marqué par sa rencontre avec le monde musulman. Femme occidentale, journaliste et écrivaine, elle se prit de passion pour une civilisation à laquelle elle consacre l'essentiel de son œuvre. Au centre de ses nombreux articles, nouvelles, récits et romans la présence de l'Islam est une constante.
« Moi, à qui le paisible bonheur dans une ville d'Europe ne suffira jamais, j'ai conçu le projet hardi, pour moi réalisable, de m'établir au désert et d'y chercher à la fois la paix et les aventures, choses conciliables avec mon étrange nature» Isabelle Eberhardt - "Lettres et journaliers".
La fascination pour l'islam
Fille d'aristocrates russes exilés, née à Genève en 1877, Isabelle Eberhardt, grandit dans une famille recomposée, cosmopolite, peu conformiste, libertaire, avec trois demi-frères, dans un environnement multiculturel et intellectuel qui développe chez elle une intarissable soif de découverte, une passion pour le monde arabe et l'Islam, encouragée par son «père » Alexandre Trophimowsky, arménien, philosophe, polyglotte. Elle apprend le Français, l'Allemand, le Russe, le Latin, l'Italien, un peu d'Anglais et l'Arabe.
Elle entend parler pour la première fois de l'Algérie par ses demis-frères engagés dans la légion militaire. Quand, à 20 ans, elle accompagne sa mère souhaitant se rapprocher de l'un de ses fils, elle découvre un pays, une culture, une religion qui vont l'imprégner totalement. Elle est fascinée par l'Islam et va recevoir la révélation comme une explosion en elle. « Je sentis une exaltation sans nom emporter mon âme vers les régions ignorées de l'extase ». Elle trouve son inspiration dans les médersas et les mosquées. Elle revendique seulement la liberté de se convertir à l'islam, d'aimer un peuple et un pays - l'Algérie - d'y vivre fièrement : «Nomade j'étais, quand toute petite je rêvais en regardant les routes, nomade je resterais toute ma vie, amoureuse des horizons changeants, des lointains encore inexplorés.»Isabelle Eberhardt.
Convertie à l'Islam, c'est déguisé en homme, drapée dans les plis de son burnous, bottée en cavalier filali, qu'Isabelle Eberhardt va parcourir les immenses étendues sahariennes, à la manière des soldats bédouins , en route pour le sud constantinois.«A la place parlait et vivait un jeune musulman, un étudiant allant à la découverte de l'Islam. Isabelle était devenue Mahmoud Saadi. Dans sa vie et dans ses récits ce sera dorénavant ce nom qu'elle utilisera, le nom d'un jeune taleb voyageant pour s'instruire et qui parfois, d'un geste brusque, repoussait son guennour en arrière, découvrant un crane carré tout bosselé et qu'elle faisait raser à la mode orientale »écrit Edmonde Charles-Roux dans «Nomade j'étais, les années africaines d'Isabelle Eberhardt ».
L'amour et le soufisme
Isabelle Eberhardt va faire une expérience intérieure dans la "zaouïa" de Kenadsa, confrérie où elle est reçue en tant que "taleb", c'est-à-dire étudiant, plus précisément "demandeur de savoir " ou "voyageur en quête de sens". Elle va y trouver ce vieil islam qui la fascine et qui va la conduire vers une forme de dépouillement et de contemplation. « Etre sain de corps, pur de toute souillure, après de grands bains d'eau fraîche, être simple et croire, n'avoir jamais douté, n'avoir jamais à lutter contre soi-même, attendre sans crainte et sans impatience l'heure inévitable de l'éternité… » !
En quittant Genève et en s'enfonçant de plus en plus au coeur du Sahara, Isabelle Eberhardt, née de père inconnu, déclarée « illégitime » à la naissance, va rompre définitivement avec l'Occident matérialiste et colonisateur. Elle va découvrir ces peuples du Sud qui seront les héros de ses écrits. Au contact de la population indigène, elle observe les gens, pose sur eux un regard d'une intense acuité, sans exotisme. Elle trouvera la réponse à sa problématique socio-psychique dans la culture et la religion musulmane. Ces musulmans- indigènes, Isabelle Eberhardt va non seulement prendre fait et cause pour eux contre les colonisateurs, mais elle va également les rejoindre dans son engagement spirituel. Ces êtres rejetés par la société colonisatrice, elle les suit dans leur vie, dans leur destin vers la mort, dans leur chemin vers Dieu.
Elle sillonne l'Algérie du Nord au Sud, d'Est en Ouest mais c'est à El Oued –dans le Sud- qu' Isabelle revient, rencontre Slimène Ehnni, l'homme de sa vie, un jeune «soldat indigène» de l'armée française en Afrique du Nord, s'y installe, se marie avec la Fatiha seulement, selon le rite musulman. L'union de l'Européenne et du spahi indigène fait scandale. L'armée française lui refuse le mariage civil, l'enjoignant de quitter l'Algérie, estimant que son mode de vie est un facteur de troubles, ses fréquentations de zaouïas suscitaient la méfiance des colonisateurs français ! Exilée à Marseille pendant un an, elle obtient enfin l'autorisation d'épouser civilement en octobre 1901, Slimène, grand, visage fin, teint sombre, une famille de spahis engagés depuis trois générations, le Français étant sa langue autant que l'Arabe. Isabelle d'origine russe, obtient la nationalité française et le couple rejoint l'Algérie en 1902.
Le repos au cimetière de Aïn Sefra
Calomniée, espionnée, raillée par les colons « l'étrangère, la scandaleuse», des jours, des nuits, guettant le retour de Slimène retenu à la caserne- des permissions rares- une promotion qui s'envole- un solde dérisoire, un semblant de toit- un gourbi à Ain-Sefra, une volonté farouche … ! Pour son spahi, la nomade met le pied à terre, s'assagit. finies les grandes chevauchées –Mahmoud Saadi redeviendra Isabelle, habillée, vivant comme les femmes du Sud. «… Peu importeraient la misère, réelle maintenant, et la vie cloîtrée parmi les femmes arabes… Bénie serait même la dépendance absolue où je me trouve désormais vis-à-vis de Slimène - qu'elle appelle Rouh' - mon âme… Mais ce qui me torture et me rend la vie à peine supportable, c'est la séparation d'avec lui et l'amère tristesse de ne pouvoir le voir que rarement, quelques instants furtifs.. ».
Slimène en permission, après une longue absence, le dernier jour passé ensemble. Aïn Safra fut en octobre 1904 le théâtre d'une grave inondation, la ville emportée. Isabelle, affaiblie par la maladie est retrouvée morte dans les ruines de sa maison. Trois années d'un amour incommensurable ! Enterrée selon le rituel musulman, au cimetière de Aïn Sefra, sa tombe est jusqu'à nos jours visitée. Isabelle n'avait que 27 ans. De la mort, elle a écrit : " Tout le grand charme poignant de la vie vient peut-être de la certitude absolue de la mort. Si les choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d'attachement. " (A l'ombre chaude de l'Islam)
De sa courte vie, elle en fit un long voyage « .. la fièvre d'errer me reprendra, que je m'en irai; oui, je sais que je suis encore bien loin de la sagesse des fakirs et des anachorètes musulmans… Au fond, cela serait la fin souhaitable quand la lassitude et le désenchantement viendront après des années- Finir dans la paix et le silence de quelque zaouïa du Sud, finir en récitant des oraisons extatiques, sans désirs ni regrets, en face des horizons splendides… !» Slimène, très affecté par la disparition, d'isabelle, ne lui survivra que trois ans.
Cent ans après sa mort, Isabelle Eberhardt reste un personnage fascinant. Une femme d'exception transcendée par une religion « l'Islam : « Ainsi, nomade et sans autre patrie que l'Islam…C'est bien la paix, le bonheur musulman- et qui sait ? peut-être bien la sagesse... »
Pour aller plus loin, en plus des nombreuses biographies, on peut consulter: Yasmina (1902), Le Major (1903), La Rivale (1904), Nouvelles algériennes (1905), Dans l'ombre chaude de l'islam (1906), Les Journaliers (1922) .
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Muhammad Asad Léopold Weiss
Muhammad Asad (né Leopold Weiss en juillet 1900 dans la ville de Lviv, maintenant en Ukraine, autrefois partie de l'empire d'Autriche-Hongrie, puis de la Pologne; mort en 1992) était un Juif converti à l'islam.
Asad descend d'une long lignée de rabbins, sauf son père qui était avocat. Il reçut une solide éducation religieuse, et connaissait bien l'hébreu et avait des notions d'araméen. Il a étudié le Talmud, la Mishna et la Gemara, et il a creusé les complexités de l'exégèse biblique, le Targum. Il amorce une carrière de journaliste, travaillant au principal quotidien de langue allemande de l'époque, le Frankfurter Zeitung.
En 1922 se produit un grand tournant dans sa vie. Invité par un oncle vivant en Palestine, il arrive à Jérusalem et y découvre le monde arabe. Fasciné par la culture, l'humanité, la "pureté" de ce monde, il se convertit à l'islam en 1926. Il a longuement voyagé dans le monde islamique. Il a été le témoin privilégié des mouvements de libération au vingtième siècle. Il a été proche du roi Abdel Aziz Ibn Saoud et ami du roi Fayçal d'Arabie saoudite.
Il a voyagé en Inde, où il a travaillé avec Muhammad Iqbal, pour imaginer un projet d'un état musulman indépendant en Inde, qui allait devenir le Pakistan. Asad est devenu le premier ambassadeur du Pakistan à l'ONU. À la fin de sa vie, il a vécu en Espagne et a vécu avec sa quatrième femme Paola Hameeda Asad jusqu'à sa mort.
Il a écrit plusieurs livres, le principal étant Le Chemin de la Mecque, qui raconte ses voyages en Orient et sa conversion à l'islam, ainsi que son avis sur le mouvement sioniste naissant.
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Ibn Arabi de Murcie (Espagne)
Ibn Arabî
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Moheïddine Ibn ’Arabî (محي الدين ابن عربي), ou : Mohyiddîn Abu Bakr Mohammad Ibn Alî 'Ibn Arabî al-Hâtimî, plus connu sous son seul nom de Ibn ’Arabî, est né le 27 Ramadan 560 de l'Hégire (7 août 1165, Murcie dans le pays d'al-Andalûs - 1240, Damas). Appelé aussi « Cheikh al-Akbar » (« le plus grand maître », en arabe), il est un mystique, auteur de 846 ouvrages. Son œuvre aurait influencé Dante et Jean de la Croix. Dans ses poèmes il traite de l'amour, de la passion, de la beauté et de l'absence.
Sommaire[masquer] |
Sa vie [modifier]
En 1179, il rencontre le philosophe Averroès à Cordoue. Cette rencontre avec le vieux philosophe marqua le jeune mystique (il n'a pas alors 14 ans). Ibn ’Arabî se forma lui-même aux théologies. Il acquit une science considérable par la lecture de différents maîtres.
En 1196 à Fès à 31 ans, il a la révélation du sceau de la sainteté muhammadienne. Il dit avoir reçu les Gemmes de la sagesse d'un trait, réveillé une nuit par Mohammed. La sagesse est représentée par une pierre dont la forme représente la Tradition ; alors que la pierre est la même pour tous, elle est taillée différemment selon les formes prophétiques dictées à Abraham, Jésus ou Mohammed.
En 1203, il commence les Conquêtes spirituelles mecquoises. À la Mecque, il écrit son ouvrage métaphysique majeur : les Illuminations de la Mecque (ou : Illuminations mecquoises : "Futûhât al Makkiyâ"). Il y décrit les aspects spirituels et métaphysiques du soufisme. Conjuguant une extrême rigueur dans la conception et un travail visionnaire, cet ouvrage vaut à Ibn ’Arabî son surnom de fils de Platon.
En 1223, il s'installe à Damas où il s'éteint en 1240.
Sa pensée [modifier]
L'œuvre d'Ibn Arabi est le sommet du soufisme. Elle marque une date dans l'histoire de ce courant. Avant Ibn Arabi, le soufisme est une mystique imprégnée de la morale comme on peut le voir chez Muhâsibi, Abû Talib al-Makki et Abu Hamid al-Ghazali, c'est-à-dire une mystique pratique (sagesse et manuels pour une meilleure guidance de l'âme) et non pas intellectualiste. Après lui, c'est une théosophie complexe, la plus complète somme systématique de l'ésotérisme musulman et l'un des sommets de l'ésotérisme universel. Certains penseurs occidentaux (Guénon, Schuon) le considèrent comme une des expressions privilégiées de la "philosophia perennis". Selon Roger Deladrière, Ibn Arabi est l'auteur de "l'œuvre théologique, mystique et métaphysique la plus considérable qu'aucun homme ait jamais réalisé".
Cette œuvre immense - 846 ouvrages¹ répertoriés par O. Yahia dans son « Histoire et classification de l'œuvre d'Ibn Arabi » - traite de toutes les sciences religieuses islamiques ; celles de la Charia ou Loi exotérique (Coran, Sunna ou Tradition du prophète Muhammed, droit), celles de la Haqîqa ou Vérité métaphysique et ésotérique, et celle de la Tarîqa, c’est-à-dire la voie spirituelle et initiatique menant à la "réalisation" de la Vérité ». Henry Corbin le considère comme « un des plus grands théosophes visionnaires de tous les temps ». L'œuvre est d'un abord difficile, car, malgré son étendue immense, elle est souvent rédigée dans un style elliptique et très concis qui appelle le commentaire.
Pour Ibn ’Arabî, la voie mystique n'est ni rationnelle ni irrationnelle : l'esprit s'échappe des limites de la matière. Contrairement à la philosophie, elle se situe hors du domaine de la raison. Ainsi, contrairement à la scission dessinée par Averroès entre foi et raison, la profondeur d'Ibn ’Arabî se situe dans la rencontre entre l'intelligence, l'amour et la connaissance. Ibn ’Arabî se situe intellectuellement dans la lignée de Al-Hallaj qu'il cite à de nombreuses reprises : il estime que les véritables fondements de la foi se trouvent dans la connaissance de la science des Lettres ('Ilm Al-Hurûf). Selon lui, la science du Coran réside dans les lettres placées en tête des sourates, une conception que l'islam doctrinal actuel, nie farouchement. Aussi l'œuvre d'Ibn ’Arabî demeure-t-elle marginalisée, aujourd'hui encore, par l'orthodoxie islamique.
Le « Trésor caché » [modifier]
Cette notion renvoie au hadith (sentence du prophète) selon lequel Dieu a dit : "J’étais un trésor caché et j’ai aimé [ou voulu] à être connu. Alors j’ai créé les créatures afin d’être connu par elles" (Futuhat d'Ibn 'Arabi, II, p. 322, chap. 178). Dans ce hadith la volonté de Dieu d’être connu est véhiculée par le désir et l’amour : "Lorsque Dieu S’est connu Lui-même et a connu le monde par Lui-même, Il l’a créé selon Sa forme. Le monde fut donc un miroir dans lequel Il contemple Son image. Il n’a aimé, en réalité, que Lui-même" (Fut., II, p. 326) . Ce rapport de soi à soi se comprend par le fait que le monde tout entier, connu par Dieu dans Sa science éternelle, n’est que formes épiphaniques pour Sa manifestation (tajallî). En Se manifestant dans ces formes, Il Se connaît et Se contemple et aime la créature en S’aimant Lui-même. Voir aussi : Ibn 'Arabi, Traité de l’amour, p. 60: "Ainsi, l’objet de l’amour, sous tous ses aspects, est Dieu. L’Être Vrai en se connaissant Soi-même connaît le monde de Soi-même qu’Il manifeste selon Sa forme. Partant, le monde se trouve être un miroir pour Dieu dans lequel Il voit Sa forme. Il n’aime donc que Soi-même".
La « Wahdat al Wujûd » [modifier]
La théorie de Wahdat al-Wujûd (Unicité de l'Être) a été systématisée pour la première fois par son disciple et beau-fils Sadr al-Dîn al-Qûnawî.
Ibn 'Arabi n'a pas dit expressément cette formule, mais il a laissé entendre dans plusieurs textes de son œuvre, notamment "Futûhât" et "Fusûs al-Hikam" que "la réalité de l'Être est unique" (Haqîqat al-Wujûd wâhida), et que Dieu est l'Être au sens absolu, le véritable Être, l'Être nécessaire (chez les philosophes) qui conditionne tous les êtres subordonnés et contingents, et n'est conditionné par aucun autre être. La notion de "Wahdat al-Wujûd" chez Ibn 'Arabi n'est que l'interprétation emphatique et hyperbolique de l'unicité (tawhîd), un pilier de l'islam.
En disant que Dieu est Unique (Wâhid) et qu'il n'est autre chose que l'Être dans son aspect inconditionné, on a voulu, à tort ou à raison, rapprocher cette théorie du Panthéisme de Spinoza. Or, la conception de ce dernier s'éloigne notablement de celle d'Ibn 'Arabi, dans la mesure où le panthéisme suppose l'unité de Dieu et de la Nature (Dieu est la Nature), alors que chez Ibn 'Arabi, Dieu n'est pas connu dans sa Réalité essentielle (Huwa, Allah), mais connu par le biais de Ses noms [divins], multiples et opposés, qui gèrent l'univers depuis sa création et jusqu'à sa déchéance. D'autre part, les noms divins se reflètent dans la création, ils ne s'y incorporent pas. La thématique du miroir de la création dans lequel Dieu se reflète par l'intermédiaire de Ses noms divins n'est pas le fruit du hasard, elle intervient pour interdire toute assimilation de l'essence divine avec la substance de la création. Henry Corbin parle à ce propos de théomonisme. On pourrait dire que, contrairement au panthéisme qui naturalise Dieu et l'absorbe dans l'immanence, le théomonisme d'Ibn Arabi divinise la nature tout en préservant la transcendance de Dieu et son unicité.
Les Noms divins [modifier]
L'Imagination créatrice [modifier]
L'imagination chez Ibn Arabi joue un rôle prépondérant, et Henry Corbin a été le premier commentateur d'Ibn Arabi à en parler amplement dans son ouvrage-référence (Voir infra : Bibliographie) l'Imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arabi. Ce livre représente une lecture philosophique à vocation phénoménologique pour explorer un thème central, jamais étudié jusque là. Ce thème est l’imagination qui a donné lieu à l’invention de plusieurs termes connexes comme "imaginal" et "le monde imaginal" ou mundus imaginalis.
Pour H. Corbin, la doctrine d’Ibn Arabi, qualifiée de théosophie (sagesse divine) ou d’herméneutique prophétique, se base sur un concept qui est la théophanie, présence de Dieu, ou sa manifestation dans le monde des phénomènes, et là l'imagination joue un rôle décisif de la perception de cette face divine dans les choses. Elle est une imagination "créatrice" dans la mesure où celui qui aperçoit Dieu, se voit créé en lui la science de cette divinité incarnée dans le monde. Tout est interprété à la lumière de la théophanie dont l’imagination représente l’organe de perception. H. Corbin dit : "L’imagination active est essentiellement l’organe des théophanies, parce qu’elle est l’organe de la création et que la création est essentiellement théophanie" (L'imagination créatrice, p. 148). H. Corbin place le cœur au centre de cette créativité, car il est le seul organe à pouvoir supporter la transmutation de par son changement subit et incessant : "Le cœur est le foyer où se concentre l’énergie spirituelle créatrice, c’est-à-dire théophanique, tandis que l’imagination en est l’organe" (Ibid., p. 83).
De ce point de vue, H. Corbin place l’imagination au centre de toute création et cogitation. Il n’y a pas de connaissance, ni de dévoilement, ni d’interprétation d’ailleurs sans l’imagination qui est, avant tout, créativité.
L'Homme parfait [modifier]
L’homme chez Ibn 'Arabi est l’image parfaite de la création accomplie : "Qui t’a créé, puis modelé et constitué harmonieusement ? Il t’a façonné dans la forme qu’Il a voulue" (Coran, Sourate 82, verset 7-8). L’image extérieure de l’homme ressemble dans une certaine mesure au monde et à ses dimensions macrocosmiques. Ses facultés intérieures (l’intellect, l’imagination, etc.) ont une similitude avec les sphères supérieures. Cette ressemblance extérieure et intérieure est constamment évoquée dans plusieurs chapitres des Futûhât, ainsi que Mawâqi' al-Nujûm (le Couchant des étoiles) et Tadbîrât al-Ilâhiyya (Les dispositions divines). Avant Ibn 'Arabi, plusieurs philosophes, comme les Frères de la pureté (Ikhwan al-Safa) et Avicenne (Ibn Sînâ), ont systématisé dans leur métaphysique la face humaine de l’univers et l’aspect cosmologique de l’homme.
Ibn 'Arabi entend par l’homme un degré élevé et distingué, celui de l’homme parfait. La perfection humaine est liée à l’image divine qui procure les secrets ésotériques pour agir sur la créature . En outre, la présence de l’homme dans la créature contribue à la perfection de son image. L’homme parfait se distingue de l'homme ordinaire (Ibn 'Arabi dira l'homme-animal, du fait de la ressemblance anatomique et physiologique) par l’appropriation des Noms divins en ayant la volonté créatrice et le commandement du monde. Par ailleurs, L’homme parfait se distingue par l’énergie spirituelle ou l’aspiration (en arabe : himma) qui est son instrument de création. Elle représente, chez l’homme animal, le côté manuel dans ses fabrications et ses dispositions.
Outre l’appartenance à l'entité spirituelle, l’homme parfait se distingue aussi par la succession ou la lieutenance (Khilâfa) . Il est ainsi vicaire (khalîfa) et successeur (nâ'ib) par le fait qu’il maîtrise la totalité des noms et en étant une copie abrégée de la réalité cosmique et métaphysique. Ce verset nous enseigne cette vérité : "Et Il apprit à Adam tous les noms" (Coran, sourate 2, verset 31).
Si Dieu s’est qualifié de "trésor caché", c’est qu’Il est dérobé derrière la forme de l’homme parfait et se manifeste par sa théophanie dans cette forme parfaite. En étant le lieu épiphanique, l’homme parfait se connaît soi-même et connaît son Seigneur qui apparaît en lui, contrairement à l’homme animal qui connaît les réalités supérieures par l’intermédiaire de preuves cosmiques et de signes érigés dans le monde. La méditation de ces signes ne dépasse pas chez lui le seul effort spéculatif. L’homme parfait contemple plutôt ces signes en lui et extrait les perles du trésor caché dans son âme. Il associe ainsi la méditation et la contemplation.
Son influence [modifier]
L'influence d'Ibn Arabi dans l'histoire de la spiritualité islamique est immense. Non seulement elle comprend l'école d'Ibn Arabi lui-même, mais elle s'étend à de nombreuses confréries soufies telles que la Chadhiliyya, la Khalwatiya, la Mawlawiya (les fameux Derviches tourneurs), la Tchichtiya, toujours vivantes aujourd'hui. Au delà du soufisme, les œuvres d'Ibn Arabi on été méditées et commentées par de nombreux mystiques et théosophes persans d'obédience chiite. Osman Yahia a recensé 130 commentaires perse des seuls Fosûs. Plus tard encore, son influence s'étendra encore lorsque se produira la jonction de cette école avec l'Ishraq de Sohrawardi et la théosophie chiite des Saints Imams (Haydar Amoli, Ibn Abi Jomhur, Molla Sadra Shirazi).
Malgré un aussi grand nombre d'adeptes et de défenseurs prestigieux aussi bien sunnites que chiites, elle fut l'objet de violentes critiques tout au long de l'histoire, de la part des théologiens orthodoxes (voir Ibn Taymiyyah) qui lui reprochent sa conception de l'unicité de l'être qu'ils assimilent à une forme de panthéisme. Aujourd'hui encore, Ibn ’Arabî est un auteur controversé dans l'Islam. Ses approches exégétiques, sa conception du messianisme à travers la figure emblématique du Mahdi suscitent des polémiques. Il reste une référence pour les écoles soufies qui voient en lui l'héritier spirituel de Mohammed.
Notes [modifier]
¹ Selon Corbin, « 856 ouvrages, dont 550 nous sont parvenus et sont attestés par 2917 manuscrits ».
Ses œuvres [modifier]
| Voir sur Wikisource : Ibn Arabî. |
C'est à l'Espagnol Miguel Asin Palacios que l'on doit la découverte des ouvrages d'Ibn Arabi, ainsi qu'à Louis Massignon et Henry Corbin. C'est grâce à ces trois chercheurs que l'enseignement du Maître de Murcia a pu renaître en terre d'Islam et se faire connaître en Occident.
- remplir la liste de livres d'Ibn Arabi en arabe
- La vie merveilleuse de Dhû-l-Nûn l'Egyptien
- Le livre de l'Extinction dans la Contemplation
- Le Traité de l'Amour
- Le Traité de l'Unité
- Le Voyage vers le Maître de la Puissance
- Les Soufis d'Andalousie
- Les Illuminations de la Mecque
- La Sagesse des Prophètes
- L'Alchimie du Bonheur parfait
- L'interprête des ardents désirs
- L'Arbre du Monde
- "Le dévoilement des effets du voyage", édition du texte arabe, traduction introduction et notes de Denis Gril, Editions de l'Eclat, 1994
- "La production des cercles", édition du texte arabe Nyberg, traduction et introduction Paul Fenton et Maurice Gloton, Editions de l'Eclat, 1996.
- Le livre des chatons des sagesses',' Editeur AL-Bouraq, 1999
- " Les trente six attestations de l'unité "
-le livre de l'arbre et des quatre oiseaux
Bibliographie [modifier]
De Ibn 'Arabi [modifier]
- Ibn Arabi, La prière du jour du vendredi: extrait du chapitre 69 des Futūhāt, éd. al-Bustane, Paris, 1994 (ISBN 291085602X)
- Ibn Arabi, Les trente-six attestations coraniques de l'unité, éd. al-Bustane, Paris, 1994 (ISBN 2910856011)
- Le Maître d'amour, illustrations de Nja Mahdaoui, texte de Rodrigo de Zayas - éd. Albin Michel.
- Denis Gril (trad.), Le dévoilement de l'effet du voyage (éd. de l'Eclat, 1994), Editions Lyber, et accessible gratuitement sur le site de l'Editeur-militant. Consulter le site www.lyber-eclat.net/lyber/ibnarabi/voyage.html
Sur Ibn 'Arabi et son oeuvre [modifier]
- Claude Addas, Ibn Arabi et le voyage sans retour, éd. du Seuil, Paris, 1996, collection "Point-Sagesse".
- Claude Addas Ibn Arabi ou la quête du souffre rouge, Claude Addas, Paris, Gallimard, Collection "Bibliothèque des Sciences humaines", 1989.
- Henry Corbin, L'imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arabi, Paris, Flammarion, 1958; Flammarion-Aubier, 1993.
- Titus Burckhardt, Clef spirituelle de l’Astrologie musulmane d’après Mohyiddin Ibn 'Arabi, Milan, éd., Archè, Bibliothèque de l’Unicorne, 1974.
- William Chittick,
- The Sufi Path of Knowledge. Ibn al-Arabi’s Metaphysics of Imagination, New York, SUNY Press, 1989. - Imaginal Worlds. Ibn al-Arabi and the Problem of Religious Diversity, SUNY Press, 1994. - The Self-Disclosure of God : Principles of Ibn al-Arabi’s Cosmology, SUNY Press, 1997.
- Michel Chodkiewicz,
- Le sceau des saints. Prophétie et sainteté dans la doctrine d’Ibn Arabi, Paris, Gallimard, nrf, "Bibliothèque des sciences humaines", 1986. - Un océan sans rivage. Ibn Arabi, le Livre et la Loi, Librairie du XXe siècle, Paris, éd., Seuil, 1992.
- Stephen Hirtenstein,
- The unlimited mercifier : the spiritual life and thought of Ibn Arabi, Oxford, Anqa publishers ; Ashland, White Cloud Press, 1999 - Prayer and Contemplation : foundations of the spiritual life according to Ibn Arabi, ed. by Stephen Hirtenstein, Oxford – San Fransisco, Muhyiddin Ibn Arabi Society, vol.14, 1993.
- Toshihiko Izutsu, Unicité de l’existence et création perpétuelle en mystique musulmane, traduit de l’anglais par Marie-Charlotte Grandry, Paris, les Deux Océans, 1980.
- Charles-André Gilis, La doctrine initiatique du pèlerinage, éd. al-Bustane, Paris, 1994 (ISBN 2910856003)
- Charles-André Gilis, Etudes complémentaires sur le califat, éd. al-Bustane, Paris, 1995 (ISBN 2910856038)
- Osman Yahia,
- Histoire et classification de l’œuvre d’Ibn Arabi, 2 vol., Damas, Institut français, 1964; traduction arabe par Ahmad Muhammad al-Tayyib, Le Caire, éd. de l’agence égyptienne générale du livre, 2001. - “Ibn 'Arabi”, Encyclopaedia Universalis, vol. 11, Paris, 1996, p. 869-871.
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- musicologie.org Ibn Arabi et ses écrits sur la musique : sources, éditions, bibliographie,commentaires
- Ibn'Arabi Society Un site dédié à Ibn'Arabi
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15.05.2008
SOLIMAN RAÏS
SOLIMAN RAÏS
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DE VEENBOER, (15..?-1620) NEERLANDAIS, se convertit à l' ISLAM et prend le nom de SOLIMAN RAÏS.
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Entre 1606-1609, il est pendant quelque temps, au service SIMON DANSER.
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En raison de ses nombreux succès il devient AMIRAL de la flotte, en 1617.
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D'après la correspondance entre le consul à ALGER, WYNANT DE KEYSER, et le gouvernement hollandais, en 1617, on peut se rendre compte qu'il essaye d'obtenir un pardon pour ses actions. Mais sa tentative échoue.
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Son équipage est constitué la plupart du temps de NEERLANDAIS.
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Bien que naviguant sous les couleurs d'ALGER, il hisse le drapeau hollandais lors de l'attaque de bateaux espagnols.
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En 1618, il perd sa position d' AMIRAL de la flotte. MUSTAPHA RAÏS lui succède.
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En juillet 1620, arraisonné par trois bateaux néerlandais sous les commandes des capitaines HOEN, CLIJNSORGH et SCHAEFF, il parvient à s'échapper et à être de retour à ALGER le mois suivant.
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En septembre 1620, il effectue son dernier voyage car le 10 octobre il est attaqué par un escadron de 5 bateaux (un néerlandais, deux français et les deux anglais) et après une longue bataille est tué par un boulet de canon qui lui brise ses deux jambes.
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EULDJ ALI OU OCCHIALI (1520-1587)
EULDJ ALI ou OCCHIALI
(1520-1587)
• Né en CALABRE, le pêcheur GIOVANI DIONIGI GALEN, est enlevé par les TURCS à l'âge de seize ans , au cours d'une razzia de KHEIREDDIN.
• Il est vendu comme galérien à ISTANBUL
• Il rame sous la CHIOURME qui est le travail le plus cruel. Les esclaves rament 50 jours de suite, 2 fois par an, le reste du temps ils travaillent pour leur maître.
• Il reçoit le surnom d'EL FORTAS, le TEIGNEUX.
• Il embrasse la religion MUSULMANE et prend le nom d'EULDJ ALI : ALI le RENÉGAT.
• Il devient corsaire et s'enrôle pour la COURSE, au côté de KHEIREDDINE.
• Sa vaillance lui permet de recevoir d'importantes parts du butin et, ainsi, de pouvoir acquérir son propre vaisseau.
• Il devient gouverneur de TLEMCEN.
• Khalifat de DRAGUT, il devient son héritier.
• Il se distingue au siège de MALTE.
• Il est le plus acharné des adversaires de DON JUAN d'ESPAGNE
• En 1568, richissime, il est le dernier BEYLERBEY d'ALGER
• En 1569, il profite des révoltes des MORISQUES de GRENADE, qu'il encourage, pour attaquer TUNIS par la terre (la mer étant impraticable pendant l'hiver).
• En janvier 1570, la ville de TUNIS, qui était sous influence espagnole, tombe.
• En 1571, à la bataille de LÉPANTE, gagnée par les CHRÉTIENS, EULDJ ALI l'excellent marin, probablement le meilleur au service du GRAND TURC permet aux RAÏS ALGÉRIENS de sortir indemnes du combat avec leurs 20 galères et leurs 30 navires.
• Il reçoit alors le surnom glorieux de EL KILIDJ, l'ÉPÉE.
• Il est nommé CAPITAN-PACHA. et mène quelques expéditions en MORÉE (le Péloponnèse) l'année suivante.
• En septembre 1574, il reprend TUNIS dont DON JUAN d’ AUTRICHE s'était emparé un an avant, et il mène aussi la flotte turque en MER NOIRE.
• Il meurt en 1587.
POUR EN SAVOIR PLUS LISEZ
"LE DERNIER ROI D'ALGER"
de Paul MOMBELLI
http://dernierroialger/caloucaera.net).
20:01 Publié dans Européens célèbres musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euldj ali, occhiali, ottomans, barbaresques, islam, turcs, janissaire
09.05.2008
LES CORSAIRES TUNISIENS
LES CORSAIRES TUNISIENS
Khereddine Pacha, Barberousse:
En 1462, le sultan Mohammed II qui avait conquis Constantinople et l'île de Mytilène en Mer Egée, avait un soldat originaire de Salonique qui se nommait Yacub, auquel il attribua des terres dans l'île. Ce Yacub était un renégat sicilien. Il parlait turc, était musulman et se disait ottoman.
Il fit souche à Mytilène et son épouse, une Andalouse, lui donna quatre fils, dont les noms retentirent bientôt dans toute la Méditerranée: Orudj, Khereddine né en 1466 (ou 1476), Iliesse et Ishak.
Iliesse disparut assez tôt. Les trois autres s'adonnèrent à des activités maritimes, acquirent leurs propres navires et commercèrent avec l'Afrique du Nord avant de se lancer dans la Course.
Vers 1512, intéressé par une participation au butin, Abdallah, sultan de Tunis, accorda à Orudj et à Khereddine une base à La Goulette puis une seconde dans l'île de Djerba. L'affaire prit rapidement des proportions importantes au point que les deux frères disposèrent d'une escadre capable d'attaquer, non seulement les marchands chrétiens, mais aussi les bâtiments espagnols défendant les points d'appui établis par Charles-Quint sur les côtes maghrébines. Cette flotte comprenait de 10 à 12 navires.
Tirant parti de la situation et de la faiblesse du sultan Abdallah, les deux frères découvrirent les divisions et les querelles de l'Afrique du Nord. Ils exploitèrent les rivalités des gouverneurs locaux et s'établirent sur les côtes kabiles.
Dans les combats contre les Espagnols, Orudj fut tué, mais Khereddine tint bon à Alger en dépit des attaques répétées. L'escadre espagnole détruite dans une forte tempête, Khereddine devint roi d'Alger.
Barberousse disposait de 600 Turcs et de quelques milliers de Maghrébins: ce n'était pas suffisant pour repousser des attaques de forte ampleur. Il proposa alors en 1520, ses terres à la souveraineté du sultan ottoman, Sélim I°. Ce dernier l'accepta et l'investit gouverneur général, Beylarbey, et renforça ses moyens avec 2 000 janissaires, des canons, et une escadre de soutien.
La première Régence barbaresque était créée. Celles de Tunis et de Tripoli ne tarderaient pas à suivre.
Un peu plus tard, Barberousse fut chassé d'Alger par une coalition du sultan de Tunis et de gouverneurs locaux. Il s'empara du Constantinois puis de Djerba d'où il reprit la Course avant de revenir à Alger en 1525.
Khereddine était courtisé, au même titre que Andréa Doria son rival, à la fois par Charles-Quint et par François I° qui essayaient d'acheter ses services.
En 1534, Barberousse fut envoyé à Tunis où deux compétiteurs locaux se disputaient la royauté. Avec son escadre de 84 voiles, il les mit d'accord en conquérant le pays pour le sultan ottoman. Ce succès fut éphémère car l'année suivante Charles-Quint arriva à Tunis avec 500 navires et établit la domination espagnole sur la région pour une quarantaine d'années.
En 1543, Barberousse s'allia à François I° et fit jonction avec la flotte française devant Marseille. Il hiverna à Toulon.
Il finit par se retirer à Istanbul où il décèda vers 1551.

Portrait de Khéreddine - Médina d'Hammamet
Outch Ali était un renégat calabrais connu comme l'un des plus célèbres corsaires de l'époque. Pris dans sa jeunesse sur les côtes de Calabre et méprisé de la chiourme parce que teigneux, il ne consentit, dit-on, à se convertir à l'Islam que pour se venger d'un Turc qui l'avait frappé.
Il devint rapidement officier de galère (comite), fit la course pour son compte personnel, et se distingua surtout au siège de Malte, sous les ordres d'Hassa Ibn Khereddine et de Dragut.
Dragut était originaire de Chara Balac, sur le Golfe de Boudroun, repaire traditionnel de nombreux pirates et corsaires qui écumaient la Mer Egée.
Le jeune Dragut se mit très tôt au service de Ar Rais, l'un des plus illustres corsaires du Sandjak. Rapidement, il s'initia à la navigation et à la Course, et fit de tels progrès, que Ar Rais finit par lui confier un fuste et une patente de capitaine.
Les résultats des expéditions de Dragut impressionnèrent si bien Ar Rais que celui-ci lui donna le commandement de quelques galères avec lesquelles il put étendre le champ de ses exploits sur la Mer Ionienne et l'Adriatique.
Soliman, lui-même, eut connaissance de la valeur et de l'efficacité de ce corsaire. Il lui confia 20 galères et lui recommanda de poursuivre les flottes chrétiennes.
Ainsi armé, Dragut établit son quartier général à Mahdia, et ravagea tout le littoral italien jusqu'au 10 septembre 1550, date à laquelle les Espagnols lui enlevèrent sa place forte. Il possédait, alors, 36 vaisseaux bien équipés.
Le corsaire décida de mettre sa flotte à la disposition de Hamidah, fils de Moulay Hassan. En échange, il reçut une quantité d'armes et de munitions qui lui permit de monter une expédition contre les ports de Sousse et de Monastir, pour en prendre le contrôle.
En avril 1551, s'étant abrité à Djerba, pour reconstituer et entretenir ses forces, Dragut se fit surprendre par Andréa Doria qui, sur les ordres du Vice-Roi de Sicile, Don Juan de Vega, recherchait le corsaire pour détruire sa flotte.
Rapidement, Dragut comprit que ses navires en carénage ou en entretien ne lui permettraient pas d'affronter l'ennemi avec quelque chance de succès. Il décida de faire creuser un chenal au sud-ouest de l'île, et fit sortir toute sa flotte , de nuit, sans feux, discrètement. Ainsi, put-il échapper à Andréa Doria, et préserver ses bateaux Par la suite, il poursuivit ses activités de corsaire. Il participa à l'opération turco-barbaresque visant à occuper Malte, pour répondre à l'occupation espagnole de Mahdia. Il suivit ensuite Sinan Pacha vers Tripoli, où ils débarquèrent des troupes le 5 août 1551.
Borj des Espagnols à Djerba en 1987 - (© J.F.Coustillière)
Après avoir tenté de créer une Principauté de Petite Syrte, et devant les risques de l'enjeu, il y renonça et se soumit à la Sublime Porte. Il briguait le titre de Gouverneur de Tripoli, mais dut attendre 1553 avant de le recevoir.
Devenu souverain de Tripoli, il était aussi corsaire ottoman. Son ambition toujours importante, le portait à étendre le champ de ses activités. Il lutta contre les Cheikhs indépendants, et attaqua Djerba, Gafsa en 1556 et Kairouan en 1558. Entre-temps, en 1554, les Espagnols avaient quitté Mahdia.
A l'époque, les relations entre la Sublime Porte et Henri II, roi de France, s'étaient améliorées au point que Dragut et Léon Strozzi, général des galères de France, agissaient de concert en mer, et devinrent, en peu de temps, les maîtres incontestés de la Méditerranée.
Cette situation ne devait pas durer. En 1559, Philippe II ayant autorisé les chevaliers de Malte et le vice-roi de Naples à tenter la reconquête de Tripoli, le Duc de Médina Coeli attaqua Djerba et la conquit. Il espérait en faire la base de soutien de sa flotte, pour son expédition.
La flotte du Duc comprenait 53 grosses galères, 28 navires de haut-bord, et une vingtaine de petites galères. Elle portait 14.000 fantassins et un matériel de siège considérable. Face à elle, Dragut ne pouvait disposer immédiatement que de 2 galères. C'est pourquoi il n'hésita pas à s'enfuir, et à se réfugier avec son lieutenant Outch Ali à Tripoli.
Le corsaire envoya son lieutenant demander des secours au Sultan, mais pendant ce temps, la flotte de Médina Coeli établit le blocus de Tripoli. Heureusement, l'amiral dut renoncer à attaquer la ville car ses troupes étaient décimées par la fièvre et la dysenterie. Il décida de retourner à Djerba pour y reposer ses forces.
Le 15 mars 1560, Dragut et Pioli Pacha, l'amiral de la flotte envoyée par le Sultan, surprirent l'escadre ennemie à l'appareillage de Djerba, et la détruisirent complètement. Ce fut un véritable désastre: tous les navires furent pris ou brûlés, les 2.000 chrétiens survivants se réfugièrent dans le fort et se défendirent avec acharnement durant 80 jours, avant d'accepter la rédition.
Pioli Pacha et Dragut rentrèrent triomphalement à Constantinople pour informer Soliman de leur succès.
Les Ottomans, devant cet exploit, entreprirent la reconquête de Malte en 1565 et établirent le blocus de l'île.
Dragut, qui participait à ces opérations, devait y laisser la vie.
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Claude Alexandre, Comte de Bonneval, Ahmed Pacha
Claude Alexandre, Comte de Bonneval (14 juillet 1675 - 23 mars 1747, Constantinople), officier militaire français qui se mettra au service de l'Empire ottoman, se convertissant à l'Islam et devenant connu sous le nom Humbaraci Ahmed Pasha.
Il est né d'une famille noble du Limousin issue de milites castri de la vicomté de Ségur; il servit d'abord avec distinction dans la marine française sous Tourville, et dans l'armée de terre sous Nicolas de Catinat et Louis-Joseph de Vendôme. Disgracié par Michel Chamillart pour avoir offensé Madame de Maintenon, il passa au service de l'Autriche, et combattit contre sa patrie en Provence, en Dauphiné, à Turin, à Malplaquet. S'étant encore fait disgracier pour avoir insulté le Prince Eugène, il se réfugia en Turquie, prit le turban (1730), fut fait pacha et combattit les Autrichiens.
Ses Mémoires ne sont pas authentiques.
Sa famille existe toujours et est actuellement proprétaire du château de Coussac-Bonneval.
Bibliographie [modifier]
- Charles de Ligne, Mémoire sur le comte de Bonneval (Paris, 1817)
- Albert Vandal, Le Pacha Bonneval (Paris, 1885).
Source [modifier]
- Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
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Soliman Pacha (Süleyman Paşa ou Soliman Al Fransawi Pasha), de son vrai nom, Joseph Anthelme Sève

Une figure lyonnaise
Joseph SÈVE
Canonnier de la marine et hussard de l'Empire
devenu le généralissime de l'armée égyptienne
SOLIMAN PACHA
BIOGRAPHIE
Enfant de Lyon
La vie de Joseph Sève -qui sera appelé successivement : "Soliman Aga, Soliman Bey et Soliman Pacha"- est un roman. Roman d'amour quand il enlève en Grèce la femme d'un marchand, roman d'aventure quand il bataille à travers l'Europe et la Russie avec les hussards de l'empire napoléonien, ou en Grèce, en Palestine et en Syrie, avec les troupes de la nouvelle armée égyptienne dont il assure la formation et plus tard le commandement. Mais aventure aussi, lorsqu'il organise et administre les contrées qu'il soumet, ou remplit les missions que lui confie Méhémet Ali au service duquel il s'est mis. Tous ceux qui l'ont rencontré, ont raconté ses exploits ou l'ont décrit, tous ont reconnu ses capacités d'organisateur, son intelligence, sa volonté sans faille dans l'action.
Quelle magnifique destinée pour cet enfant de Lyon, fils d'un tondeur de drap marié à une brodeuse, petit fils d'un paysan du Bugey et d'un meunier caladois. Une vie d'aventure que sa naissance ne pouvait laisser prévoir, son père, dont il était le premier fils, attendant de lui qu'il prit sa succession.
Les questions se posent dès sa naissance. Où est-il né et quand ?
A Fontaines Saint Martin, village au nord de Lyon, au moulin des Prolières dont son grand père maternel Juillet était propriétaire, village où, dit-on, il est né le dimanche 11 mai 1788 ?
Ou bien, à Lyon, comme l'atteste le registre paroissial où sont consignés baptêmes, mariages et sépultures, registre signé du vicaire Perrin le "19 may 1788", et sur lequel est mentionné "né avant hier quay st clair", soit le samedi 17 mai 1788 ?
La première version l'attache aux saint-martinois ; la seconde, appuyée sur un document, conforte les dires des historiens.
Remarquons cependant qu'en cette période de l'histoire, il est peu probable qu'on ait attendu plus d'une semaine pour le faire baptiser. Ce n'était pas dans les usages d'alors.

extrait du registre paroissial de l'église Saint Saturnin à Lyon , page 68, n°274 : "joseph fils d'Anthelme Seve tondeur de draps et de Antoinette juillet sa femme, né avant hier quay st clair a été baptisé par moi vic. souss. ce 19 May 1788. Ont été parrain joseph Millo md limonadier, et marraine Marie Magdeleine Danguin femme Brun qui ont signé avec le père" Signatures : Marie Madellaine Danguin, Joseph Millo, Seve, Fournet, Perrin vic.
Son père, Anthelme (1754-1832), originaire de Lhuis (Ain), était fils de François Sevoz,laboureur marié à Catherine Baudet. Il avait quitté sa famille pour apprendre le métier de chapelier dans un village voisin, Lagnieu. Dans les années 1780, il allait se retrouver à Lyon, où il se maria en novembre 1786. C'est dans cette période que son patronyme savoyard "Sevoz" se francisa en "Sève". Sa mère, Antoinette Juillet (1765-1814), était née à Lyon, fille du meunier Louis Juillet et de Antoinette Desargues. (cliché de droite : reproduction d'un portrait-main d'Antoinette Juillet. Portrait donné par Louise(1790-1874), épouse Alday, soeur cadette de Joseph Sève/Soliman Pacha, aux petits enfants de sa tante Françoise Juillet, épouse Gubian de Monteiller.Document détenu aujourd'hui par un descendant direct de Françoise Juillet.)
Joseph fut le deuxième enfant d'une famille de six ; il avait pour frères et soeurs, dans l'ordre de naissance : l'aînée Antoinette (1787), puis Jeanne (1789), Louise (1790), Louis (1791) et le benjamin Jean Baptiste (1793), souvent oublié.
La tradition orale veut qu'Anthelme et Antoinette, pour la sécurité de leurs enfants, les aient confiés aux grands parents à Fontaines Saint Martin, pendant les premières années qui suivirent la Révolution ; à Lyon où ils résidaient, ces années furent en effet troublées.
Et l'aventure commença
A cette période de la vie de Joseph : la transition de l'enfance à l'adolescence, les éléments sont confus. On sait que l'école n'était pas son fort, qu'il était turbulent, indiscipliné... Mais c'était un garçon solide et fort. A l'époque révolutionnaire, où les prêtres enseignants se terraient, l'école buissonnière était fréquente ; les années passées avec les grands parents ont marqué le caractère de Joseph, un peu livré à lui-même. Il s'affirma auprès de ses camarades du village comme un chef.
Son père souhaitait le voir s'intéresser à ses affaires. Rien n'y fit.
Aimé Vingtrinier, dans son livre : "Soliman Pacha..." (voir Bibliographie), relate :"Ce fut le 25 septembre 1799, 2 vendémiaire an VII, que l'engagement fut signé. Joseph fut embarqué, à Toulon, à bord de la frégate leMuiron, comme aspirant de marine. Son engagement était une punition... Joseph était âgé de onze ans, quatre mois et neuf jours quand un si grand changement fut apporté dans sa vie...".
Rude décision pour un enfant de son âge !
Bien que semblant être tout à fait véridique en consultant les archives, cette première version est controversée par le Général Mondain qui écrit : "... il prêtât l'oreille de bonne heure aux chants de sirènes des sergents recruteurs. L'un d'eux «travaillait» à Lyon au bénéfice du 2ème Régiment d'Artillerie de Marine qui avait dans la ville un dépôt et une école de recrue. C'est donc tout naturellement au titre de ce régiment que le jeune homme contracta, avec l'autorisation paternelle, un engagement de 10 ans, le 3 vendémiaire an VII (25 septembre 1803). Grâce à son imposante carrure, à la falsification de son acte de naissance, et à un changement de prénom, son enrôlement eut lieu sans difficulté. Joseph Sève n'avait effectivement que 15 ans, mais Claude Sève en avait 18, âge minimum alors exigé. Le voici donc Aspirant canonnier..." Il est effectivement embarqué sur la frégate "le Muiron".
Les états des services du Ministère de la Défense donnent comme réelle l'entrée au service du 2 vendémiaire an VII mais les faits rapportés par le Général Mondain paraissent plus proches de la vérité. Il y a cependant des éléments qui ont pu prêter à confusion, lorsqu'on rapproche l'âge de 10 ans, âge d'engagement, avec l'engagement "de 10 ans" dans l'Artillerie de Marine, et, dans les deux cas, la tricherie sur l'âge et l'embarquement sur le même navire : "Le Muiron".
Fut-il présent à la bataille navale de Trafalgar, le 21 octobre 1805, et blessé d'un coup de hache d'abordage ? Sur son état des services, une blessure est bien portée à cette date, sur trois pièces différentes : un état des services daté du 6/9/1815, un autre du 25/12/1818, enfin un relevé des services non daté, mais relativement récent. S'agit-il d'une confusion ou d'une erreur ? Joseph aurait été blessé au cours d'une rixe, mais beaucoup plus tard, rixe qui aurait motivé son hospitalisation à l'hôpital maritime de Toulon. Caporal, il est cassé de son grade, à la suite de cet incident. Il profite d'une corvée à terre pour s'enfuir. Pourquoi a-t-il déserté soudain la marine ? De quelles protections a-t-il bénéficié ? Que d'interrogations ? La seule explication plausible retenue par le Général Mondain est que "Sève eut été amené à voler au secours d'un officier français [le comte de Ségur, semble-t-il],qu'il ne connaissait sans doute pas, au cours d'une rixe ou d'une tentative d'attentat...". Il semblerait alors que cet officier eut par la suite le soin et le pouvoir de le protéger. Quoi qu'il en soit, cette désertion, bien réelle, est absente de tout document. Mais elle n'enlève pas à Joseph son esprit d'aventure et son besoin d'action.
Sur recommandation, il s'engageait, sans attendre, sous l'identité de Anthelme-Joseph, dans un régiment de hussards de l'armée d'Italie et participait aux campagnes napoléoniennes : Italie, Allemagne et Russie (1812-1813). Il eut son cheval tué sous lui à la Bérézina (voir État de services).
Sa mère Antoinette décédait en mai 1814, un mois après la première abdication de l'Empereur Napoléon. Il semblerait que Joseph fut à Lyon à cette date.
Il rejoignit l'Empereur pour les "Cent jours" en 1815 et fut fait lieutenant pendant cette période. Il fut présent à la bataille de Waterloo, sous les ordres de Grouchy, dont il était officier d'état-major.
Au cours des campagnes napoléoniennes, il se distingua par divers actes de bravoure et fut blessé à plusieurs reprises.
Après le départ de Napoléon à Sainte Hélène, la Restauration -Louis XVIII- ne lui apporta rien de bon. Il démissionna de l'armée, reprit sa démission, demanda "la jouissance de la demi-solde...", sollicita de ses supérieurs l'autorisation de se marier. Il prit à bail une ferme, se lança dans le commerce de location de chevaux et voitures. Il eut des ennuis avec son propriétaire qui l'expulsa. Il fit des dettes ... Enfin un jour après avoir liquidé ses quelques biens, il partit pour Lyon accompagné d'une jeune modiste, Eulalie Virginie Champy. Mais la famille ne réserva pas à cette fiancée l'accueil que Joseph attendait. Il trouva alors dans la fuite le remède à sa situation et partit s'installer à Milan comme représentant d'une maison de commerce lyonnaise.
L'entrée dans l'Histoire
Mais le hussard qu'il était n'avait pas l'entregent nécessaire à la négociation commerciale et une fois de plus une fuite, en Égypte cette fois-ci -sans référence à la Bible- résolut son problème. Il se présenta, sur la recommandation du Comte de Ségur, comme Colonel Sève, à Méhémet Ali, alors vice-roi. Celui-ci voulait créer une armée et une flotte. Il le plaça, pour cette mission, aux côtés de son fils Ibrahim. (cliché à gauche : portrait-photo fait par Nadar (Félix Tournachon), vers 1850)
Avec l'énergie et l'ardeur dont il était coutumier, Joseph Sève s'employa alors à instruire un nouveau corps d'officiers et à construire l'armée égyptienne.
Grâce à une flotte bien équipée, cette armée nouvelle, commandée par Ibrahim, conseillé par Soliman Bey, va se retrouver en Grèce (1824-31), pour affronter les turcs qui se retireront vers les Dardanelles. Elle conquérra le Péloponèse. Puis, après avoir été décimée par le choléra et s'être retirée à son tour, elle s'élancera, en 1832, dans une campagne contre le Pacha d'Acre en Palestine. Elle investira Alep et remportera la victoire de Konia. Enfin en 1839 ce sera la victoire de Nezib sur les troupes turques, victoire capitale qui fut un tournant dans l'histoire de l'Égypte.
Au fur et à mesure des années, Joseph Sève se convertit à l'Islam, prit le nom de Soliman.
Il épousa Sidi Maria Myriam Hanem appelée "la Grecque" qu'il avait enlevée à un commerçant du Péloponèse. Elle lui donna trois enfants : deux filles, Nazli, l'aînée, grand mère de la reine Nazli mère du roi Farouk, Aasma et un garçon Mahadi, selon un arbre généalogique que l'on trouve dans la rubrique Internet. Mais à ce propos existe une autre version dont fait état A. Vingtrinier dans un ouvrage cité (voir Bibliographie) où l'on peut lire le texte d'une lettre de Joseph Sève à son beau-frère Louis Alday :"...J'ai quatre enfants, trois filles et un fils. L'aînée de mes filles est mariée à Murat-Bey, colonel d'artillerie que tu as connu à mon passage à Lyon en 54 ; elle s'appelle Zohra. Ma seconde fille est mariée à Shérif-Pacha, ministre des Affaires Étrangères d'Égypte. Ma fille s'appelle Mazlé ; elle est mère d'un garçon ; par conséquent je suis grand père. Mon fils, Skander-Bey, est dans l'artillerie. Dans peu il doit passer capitaine. Ma dernière fille Hasma, âgée de 10 ans...".
Il fut élevé à la dignité d'Aga, puis Bey, enfin Pacha.
Soliman Pacha veilla toujours à la bonne organisation et au développement de l'armée égyptienne dont il fut fait généralissime en 1833.
Il revint en France à la fin 1845, accompagnant Ibrahim, venu en cure à Vernet-les-Bains. Ils allaient ensuite, tous les deux, se rendre à Paris, sur l'invitation du roi Louis-Philippe. Par ordonnance du 27 juillet 1846, Soliman Pacha est fait, par le roi Louis Philippe, grand officier dans l'ordre de la Légion d'Honneur à titre étranger. Il suivit ensuite Ibrahim en Angleterre, et au retour traversa la France pour revoir sa famille à Lyon et particulièrement sa sœur, Louise, mariée à un musicien, Etienne Auguste Alday. Il alla, au cimetière de Loyasse, s'incliner sur la tombe de ses parents, sa mère décédée en 1814 et son père en 1832.
Après les décès d'Ibrahim en 1848 et de Méhemet Ali quelques mois plus tard, c'est le petit fils de ce dernier, Abbas, qui succéda. Il mena une politique tout à fait différente de celle de son grand père, s'alliant aux turcs, et dût, malgré lui, conserver à Soliman Pacha ses prérogatives et son rang. A son tour Abbas s'éteignit, et Saïd-Pacha, fils d'Ibrahim succéda.
"L'avènement du nouveau Vice-Roi marque la fin du régime rétrograde de son prédécesseur [Abbas]", écrit le général Mondain. "Ouvert aux idées européennes, celui-ci oriente de nouveau l'Egypte dans la direction indiquée par son grand père [Méhémet Ali] et suivie par son père [Ibrahim]...". Soliman retrouva alors totalement sa place et put exercer sans entrave ses fonctions.
Il devait revenir en France en 1854, mais on n'a aucune information sur ce voyage, si ce n'est sa mention dans ce courrier à son beau-frère, cité plus haut.
Il s'éteignit au Caire le 12 mars 1860, terrassé par une crise de rhumatisme aigu. Il fut inhumé dans un mausolée, qu'on peut voir dans le quartier dit "Vieux Caire", érigé sur ordre de son gendre Mohamed Pacha Cherif, à la demande de son épouse Myriam qui, elle, devait décéder bien plus tard, en 1896.
Son œuvre sera reconnue en Égypte. Grâce à son arrière petite fille, la reine Nazli,épouse de Fouad 1er et mère du roi Farouk 1er , il sera rappelé au souvenir des égyptiens et mis au rang des personnages historiques de l'Egypte. Il aura une avenue à son nom "Soliman Pacha" au Caire et une place : "Midan Soliman Pacha", aujourd'hui "Talaat'arb", au centre de laquelle on trouvait, avant 1952, sa statue en pied. Aujourd'hui, suite à la proclamation de la République, celle-ci est visible au musée de l'Armée au Caire (dans l'enceinte de la Citadelle de Salah El Din) et les avenue et place rebaptisées.
Mais il ne sera pas oublié des Cairotes qui désignent, encore et souvent, ces lieux par leur ancienne dénomination
Il a aujourd'hui, en Égypte, une nombreuse descendance. Celle qui touche à la branche royale se trouve en Suisse où vivent les enfants de Farouk 1er : Fouad II, et ses trois soeurs, Fawzia, Feryal et Fadia
A Lyon, son souvenir est rappelé par la rue du Général Sève qui prend naissance rue Pouteau, sur la colline de la Croix-Rousse dans le 1er arrondissement.
On peut admirer son buste (cliché à gauche) dans un couloir de la Préfecture du Rhône. On en trouve d'autres : un dans les réserves du Musée Saint Pierre, place des Terreaux à Lyon, qui, autrefois, ornait la mairie du 5ème et un à la mairie de Lhuis (Ain).
Mais à Lyon, il semble plutôt méconnu ; il ne figure pas comme une personnalité marquante, sa vie s'étant déroulée hors de France, son pays natal. Il est vrai que de son départ en 1819 jusqu'à son décès en 1860, il ne s'était manifesté que deux fois à Lyon en 1846 et 1854, encore avec beaucoup de discrétion ! Quelle raison avait-il pour cela ? Sa notoriété est naturellement plus étendue en Égypte où son passage a marqué la vie du pays, où vit encore sa nombreuse descendance, où son souvenir a un caractère historique, même après les changements importants survenus dans les années 1952 et suivantes.
Les lyonnais finiront-ils par inscrire dans leur histoire le nom de Joseph Sève, lié à celui de Soliman Pacha qui fit sa gloire en Égypte ? Et pourquoi la plaque de rue du 1er arrondissement de Lyon ne porterait-elle pas une mention plus explicite que : "Rue du Général Séve" ? Presqu'anonyme !
Mais ... :" "
A moins que la Mairie de Lyon ne veuille, dans une démarche diplomatique et dans des conditions à définir, demander au Gouvernement du Caire de lui céder cette statue afin qu'elle soit dressée sur une place de la ville pour célébrer, mieux qu'une simple plaque, un de ses illustres enfants.
En elle-même cette idée n'est pas nouvelle.
Voici ce qu'écrivait le journal "LYON SOIR"début 1938 (voir bibliographie presse quotidienne), au moment du mariage de Farouk 1er, dans un article signé M.B. :
"... Il est question d'ériger sur une place de Lyon un monument à Joseph Sève. Ce monument comporterait une stèle de marbre supportant le buste du grand lyonnais, peut-être celui qui orne un des vestibules de la Préfecture.
"Le monument serait placé soit sur une pelouse du Parc, soit au milieu d'une des places de Lyon (place Edgar Quinet), soit au Jardin des Plantes.
"... Il y aurait là une belle manifestation d'amitié franco-égyptienne et un hommage rendu à un lyonnais dont la carrière agitée peut-être comparée à celle de notre compatriote le Major Martin."
On suggérait alors pour l'inauguration une invitation au roi Farouk 1er.
Mais de l'idée à la réalisation, le chemin est long. Il semble que les évènements qui précédèrent la 2ème guerre mondiale, comme ceux qui l'ont suivie, notamment la proclamation d'une république en Egypte, aient quelque peu bousculé ce projet qui finalement ne vit jamais le jour. Pourquoi ne pas lui redonner vie aujourd'hui ?
Mais la ville de Lyon n'est pas seule. La commune de Fontaines Saint Martin (voir bibliographie), proche de Lyon, envisage de conserver, sous une forme à définir, le souvenir de l'illustre personnage. La mère de Joseph, Antoinette Juillet, née à Lyon, fille du meunier local, Louis Juillet, avait ses attaches dans ce village. Joseph y vécut une partie de son enfance, sous la garde de ses grands parents maternels.
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Vincent-Mansour Monteil (1913-2005)
Vincent-Mansour Monteil (1913-2005) : le dernier des grands orientalistes français
Par Sadek Sellam
lundi 14 mars 2005
En 1938, un jeune diplômé de Saint-Cyr rend visite à Louis Massignon avant son départ au Maroc où il venait d’être affecté dans une unité de méharistes. Après avoir donné au jeune officier des conseils sur la conduite à adopter dans les rapports avec les musulmans, le grand arabisant lui déclare en arabe : « Watani ar Rouhi al Alam al Arabi... » : « Ma Patrie spirituelle, c’est le Monde Arabe... ».
Cette profession de foi du spécialiste de Hallaj marquera la carrière militaire et la recherche islamologique du jeune visiteur, Vincent Monteil.
Celui qui à Saint-Cyr lisait et annotait le Coran en arabe, et qui étudiait parallèlement à l’Ecole des Langues Orientales Vivantes était également inspiré par l’exemple de son oncle le colonel Monteil connu comme explorateur du Tibesti. Il s’est mis à apprendre les dialectes de toutes les régions où il était amené à séjourner, ainsi que les us et coutumes de leurs habitants. Les tribus du Sud du Maroc faisaient l’objet de ses enquêtes qu’il menait à la manière des premiers officiers des Bureaux Arabes qui furent créés en Algérie en 1844 par le général Eugène Daumas, le représentant de Desmichels auprès de l’émir Abdelkader. Le livre de cet officier arabisant, « la Vie Arabe et la Société Musulmane », était un modèle pour Monteil. Je me souviens de sa réponse quand je lui ai annoncé sa réédition en Suisse par l’éditeur Slatkine : « Achètes-le moi, quel que soit son prix ». Puis il s’est mis à me commenter les proverbes dont il se souvenait recueillis par Daumas chez les cheikhs de l’Ouest algérien, et qu’il avait appris par cœur.
Monteil réagit violemment contre la défaite de l’armée française en juin 1940. Ce qui lui vaut un séjour à la prison de Clermont-Ferrand en même temps que Pierre Mendès-France. A sa sortie de prison, il a fait bénéficier de ses connaissances linguistiques et ethnographiques le BCRA, le service de renseignements de la France Libre que dirigeait Jacques Soustelle.
En 1948, il fait partie du contingent français de l’ONU dépêché en Palestine, où il voit les ministres israéliens se réunir dans les cafés, faute de locaux affectés aux ministères...
Il participe à la guerre d’Indochine, avec le grade de commandant à la tête d’un bataillon comprenant un grand nombre de soldats musulmans pour lesquels il a gardé toute sa vie une grande sympathie. Il aimait imiter la prononciation des mots français par les Tirailleurs Algériens ou les Tabors Marocains peu instruits, comme « rdinance » pour officier d’ordonnance.
En février 1955, il est nommé chef du cabinet militaire du nouveau Gouverneur Général de l’Algérie, J. Soustelle. Avant de rejoindre son poste à Alger, il s’est rendu à Tunis pour y rencontrer Mustapha Benboulaïd, le chef de l’Armée de Libération Nationale algérienne dans les Aurès, qui venait d’être arrêté aux confins tuniso-lybiens. De cet entretien, il gardera la conviction que le conflit algérien ne pouvait avoir qu’une solution politique, ce qui fera de Monteil la bête noire des officiers d’Action Psychologique revenus d’Indochine après avoir lu Mao-Tsé-Toung et élaboré leurs doctrines sur la « guerre subversive ». Il a pu imposé ses vues « dialoguistes » à Soustelle : libération des suspects, parmi lesquels des chefs Centralistes comme Benyoussef Benkhedda, rencontre avec les responsables des Oulamas comme Tewfiq al Madani, Kheireddine et al Oqbi, application de l’article 56 du statut de 1947 sur l’indépendance du Culte musulman... Mais Soustelle abandonne cette politique d’ouverture après les événements du 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois consacrant ainsi le triomphe des militaristes. Monteil démissionne malgré les implorations du Gouverneur. Il écrit une série d’articles dans Esprit, sous le pseudonyme de François Sarrazin. En n’excluant pas l’indépendance de l’Algérie dès cette période, il se démarque de son maître L. Massignon, qui se contentait de protester par le jeûne, la prière et de vigoureux communiqués contre la répression.
Après l’arrivée de Jacques Berque au Collège de France, en décembre 1956, Monteil organisait avec lui un dîner par mois pour faire le point des crises coloniales avec leur maître commun L. Massignon, appelé par eux le « Cheikh admirable ». Monteil venait de publier son livre « les Musulmans Soviétiques » (Seuil ; 1956) qui lui valut une lettre du général De Gaulle estimant que « tout semble bien se tenir dans l’univers de l’Islam, mais le problème des problèmes, c’est l’avenir de l’Islam ». Le général lui écrira à nouveau après la sortie de son livre sur les « Officiers » (Seuil ; 1957), pour approuver ses critiques du conformisme d’une grande partie des cadres de l’armée française. Cela lui valut 60 jours d’arrêt de rigueur après lesquels il quittera l’armée pour remplacer Berque à la tête du Centre d’Etude et de Perfectionnement de l’Arabe Moderne ouvert par le Quai d’Orsay à Bikfaya, au Liban. Il prépare une thèse sur l’Arabe moderne qu’il soutient à la Sorbonne en 1960.
En 1962, on le retrouve à nouveau en Algérie, dans le cabinet de Christian Fouchet qui dirigea l’Exécutif Provisoire au Rocher-Noir entre mars et juillet 1962.
Au milieu des années 60 il relate son itinéraire intellectuel, militaire et politique dans « Soldat de Fortune », où il fait sienne la formule utilisée par le général De Gaulle à Constantine en décembre 1943 : « la France est l’Évangile de la fraternité des races et de l’égalité des chances ». Ce témoignage érudit et écrit de façon très vivante eut droit à un compte-rendu élogieux d’André Fontaine dans le Monde que le futur directeur du journal du soir conclut en ces termes : « Monteil est difficile à vivre. Mais le monde serait invivable sans des gens comme lui ». Car cet érudit polyglotte s’engageait dans tous les combats pour la Justice et se référait à la phrase de Pascal : « c’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité ».
Après avoir été attaché militaire en Indonésie (il avait eu le même poste en 1950 en Iran), il est nommé à la tête de l’Institut Français d’Afrique Noire de Dakar, où il publie son livre le plus connu, « l’Islam Noir ».
Au retour d’Afrique, il enseigne l’islamologie à l’Université Paris 7, où il sera remplacé par Nadjemeddine Bammate.
En 1976, Monteil annonce dans un article de France-Pays Arabes sa conversion à l’Islam, en adoptant les prénoms arabes Mansour et Chaféi, par attachement au rite chaféite dont il avait bien connu les théologiens en Indonésie.
En 1978, il publie « le Terrorisme de l’État d’Israël » qui lui vaudra beaucoup d’inimitié, ainsi qu’à son éditeur Guy Authier, juif laïque et critique avec l’État hébreu. « On peut avoir des tas d’amis juifs (c’est mon cas), condamner sans réserve Auschwitz et Tréblinka, mais trouver que cela n’a rien à voir avec l’État d’Israël », expliquait Monteil.
Ce Corrézien né en 1913 avait adopté pendant toute sa vie d’adulte une attitude comparable à celle des officiers des Bureaux Arabes (auxquels il a consacré une étude publiée dans Esprit en décembre 1961) qui, selon J. Berque, était faite d’un « étrange mélange de patriotisme français et d’adhésion totale à la Cité arabe ».
Monteil était un parfait continuateur de cette prestigieuse tradition initiée par Daumas. Il est le dernier des grands orientalistes français qui envisageaient l’étude de l’Islam comme un « fait sociologique-et historique- total ».
Il mérite que soit récité à son intention la prière de la fin des Tarawih qui, après avoir invoqué les « bénédictions de la Thora, de l’Évangile et du Coran », demande à Dieu d’être « miséricordieux avec ceux qui nous ont instruits ». Car Monteil a instruit des générations de musulmans et de non musulmans. Et son œuvre considérable peut encore aider à mieux connaître l’lslam les jeunes musulmans de France, dont l’importante demande de connaissance de cette religion coïncide hélas avec le déclin de l’islamologie traditionnelle.
Sadek Sellam
Historien de l’Islam Contemporain. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Islam, dont « l’Islam et les musulmans en France » (éditions Tougui 1987) (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon.fr) et « Etre musulman aujourd’hui » (éditions Nouvelle cité, 1989) (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Alapage.com).
Un ouvrage est actuellement sous presse chez Fayard : « la France et ses Musulmans. Un siècle de politique musulmane ».
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
http://oumma.com/Vincent-Mansour-Monteil-1913-2005
02:18 Publié dans Européens célèbres musulmans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vincent mansour monteil, orientaliste, france, convertis, islam, israel, gaullisme




Militaire inexpérimenté, isolé et presque oublié par la France en Egypte, il fut amené à évacuer le pays, mais avec les honneurs de la guerre.